Accord et désaccord au sein de la coalition gouvernementale
Sur un projet de loi, la coalition gouvernementale vient de se mettre d'accord, celui de l'élection du président de la République. L'accord sur le budget de l'Etat s'avère être une question beaucoup plus épineuse.
Le futur président de la République tchèque devrait être élu par tous les citoyens. Les leaders des sociaux-démocrates, chrétiens-démocrates et unionistes, les partis qui forment la coalition gouvernementale, sont tombés d'accord sur le mode des prochaines élections présidentielles : le chef de l'Etat sera élu au suffrage universel direct. Le projet de loi est depuis un certain temps sur les tables des députés. La partie n'est pas gagnée pour autant. En effet, la coalition possède, certes, la très faible majorité d'une seule voix à la Chambre, mais pour faire passer le projet de loi sur les présidentielles, il faut une majorité de 120 voix sur un total de 200 députés, car il s'agit d'une modification de la Constitution. La principale formation de l'opposition, le Parti civique démocrate était pour le suffrage universel direct, avant que son leader, Vaclav Klaus, ne soit élu Président par les députés et les sénateurs. Aujourd'hui, ce parti émet certaines réserves. Il en est de même du côté des communistes.
En ce qui concerne le budget de l'Etat, la coalition gouvernementale n'a pas su trouver un accord sur le premier projet de budget. Les chrétiens-démocrates et les unionistes veulent diminuer le montant des dépenses proposé par le gouvernement. Le litige tourne autour de 11 milliards de couronnes que la Tchéquie voudrait dépenser en plus de ses engagements à l'égard de l'Union européenne, dans le cadre du Programme de convergence. Un programme qui détermine la baisse des dépenses et dettes, afin que la Tchéquie puisse effectuer le passage à l'euro en 2010. Le ministre des Finances, Bohuslav Sobotka, n'est pas contre. Le problème est de savoir où faire des économies ? Peut-être en touchant aux augmentations des salaires des policiers, pompiers et gardiens de prison. Pas facile, car ces augmentations avaient été préconisées par le Premier ministre actuel, Stanislav Gross, quand il était ministre de l'Intérieur du gouvernement précédent. D'après Pavel Mertlik, ancien ministre des Finances, aujourd'hui chef du département économique de la Raiffeisenbank, le plus simple serait de prendre un peu à tous les ministères sans exception. Pas facile non plus, car le gouvernement précédent avait aussi refusé une telle alternative, lors de sa conception du budget. Le budget 2005 sera déficitaire (94 milliards de couronnes planifiées) et la dette de l'Etat ne diminuera pas. Le cabinet est confiant : le budget devrait être adopté sans problème par la Chambre, grâce à la majorité dont dispose la coalition gouvernementale, et ce même s'il approfondissait encore le déficit dans les caisses de l'Etat.




