Radůza, une fille à l’accordéon
Radůza est décidément une des chanteuses les plus originales de la scène alternative tchèque. Elle est chanteuse, multi-instrumentaliste jouant de l’accordéon, du piano, de la guitare, de la flûte, de l’harmonica… Elle est auteur et compositeur, poétesse, dirait-on en écoutant attentivement ses textes. Quelqu’un de très abordable, chaleureux, une musicienne auréolée de prix, mais vivant en marge du star-système.
Voir Radůza en concert, cela ne s’oublie pas. Elle chante, elle joue comme elle vit : à 100%, avec une verve propre aux chansonniers russes ou français. Ses chansons, ce sont ses confessions intimes, où elle parle de ses joies et de ses défaites, de ses craintes, de sa foi – des textes dans lesquels tout le monde ou presque peut se retrouver. Son langage est éblouissant : elle ressuscite des mots tombés dans l’oubli, s’inspire de la nature, des couleurs, des odeurs, des sensations. Son imagination semble être sans bornes. Son style, unique sur la scène musicale tchèque, puise dans le folklore, dans les chansons de rue. Elle a fait de l’accordéon son instrument fétiche et dit l’aimer parce qu’il a un son très fort, ce qui la pousse à « chanter encore plus fort ».
Avant son récent concert pragois, Radůza nous a parlé, en français, de ses débuts avec l’accordéon…
« Ma copine Zuzana Navarová m’a dit un jour que je devais jouer de l’accordéon. Cet instrument lui plaisait, mais elle ne se sentait pas assez forte physiquement pour pouvoir s’y mettre. Au début, j’ai pensé qu’elle était folle… Mais après, j’ai vu un accordéon dans la vitrine d’un magasin, il m’a plu, je l’ai acheté et très vite j’en suis tombée amoureuse. J’ai commencé à jouer en juin et j’ai donné mon premier concert en septembre…Le jeu de l’accordéon, c’est comme un sport. Il demande beaucoup d’énergie. »
Vous avez mis au monde deux enfants, vous avez ensuite été gravement malade… Je suppose que ces événements ont marqué votre dernier album.
« Oui, tout ce qui se passe dans ma vie se reflète dans mes chansons. Elles sont comme mon agenda, comme une sorte de journal intime. Je ne vis ni dans le passé, ni dans le futur. Ce qui est passé est passé, je ne peux pas le changer. Et le futur, peut-être qu’il n’y en a pas (rire) ! J’essaye de profiter de l’instant présent. Maintenant, mes enfants sont petits et ça me plaît beaucoup. »
Vous êtes très forte en concerts. Comment vivez-vous les enregistrements de vos disques en studio ?« Ce dernier album, nous l’avons enregistré avec les musiciens qui m’accompagnent, ‘en live’ il n’y a pas de playback. On a joué tous ensemble, en même temps. Nous avons fait deux répétitions, et la troisième fois nous avons enregistré. Il n’y a aucun montage. Ce n’est pas parfait, il y a des fautes, mais il y a aussi une atmosphère, de l’énergie. C’est important pour moi. »
Si vous voulez en savoir plus sur Radůza, je vous invite à visiter son site web www.raduza.cz. Vous y trouverez aussi les dates de ses concerts.