Tennis – Coupe Davis : les Tchèques en finale pour la première fois depuis 29 ans

Tomáš Berdych et Radek Štěpánek, photo: CTK

Pour la première fois depuis la partition de la Tchécoslovaquie en 1993 et pour la première fois depuis son unique victoire dans la compétition en 1980, l’équipe de République tchèque de tennis va disputer la finale de la Coupe Davis. Une nouvelle fois emmenés par un Tomáš Berdych et un Radek Štěpánek au sommet de leur art, les Tchèques ont en effet battu la Croatie (4-1) en demi-finale, le week-end dernier à Poreč. En finale, du 4 au 6 décembre, ils défieront l’Espagne chez elle. Une mission qui s’annonce presque impossible sur la terre battue espagnole. Mais en attendant de penser à ce dernier grand rendez-vous de la saison, les Tchèques savourent leur qualification.

Tomáš Berdych et Radek Štěpánek,  photo: CTK
Avant le début de la rencontre, vendredi après-midi, personne n’avait osé imaginer les Tchèques déjà qualifiés à l’issue du double de samedi. C’est pourtant bien ce qui s’est produit. Après avoir d’abord gagné les deux premiers simples à l’issue de matchs aux scénarios dantesques, Radek Štěpánek et Tomás Berdych ont offert le troisième point décisif à leur équipe en remportant le double en trois sets (6-1, 6-3, 6-4). Trois manches vite expédiées face à la paire croate composée de Marin Cilic et de Lovro Zovko et qui n’ont jamais laissé planer le moindre doute sur la qualification tchèque.

Face à une Croatie pouvant s’appuyer sur le talent d’un Marin Cilic récent quart de finaliste à l’US Open, et le redoutable service du géant Ivo Karlovic, la République tchèque ne partait pourtant pas favorite. Elle l’était d’autant moins que les Croates, qui avaient l’avantage de recevoir, avaient fait le choix de la terre battue, une surface que très moyennement appréciée par Štěpánek et Berdych, plus adeptes des surfaces rapides.

Radek Štěpánek,  photo: CTK
Mais comme lors des deux premiers tours contre la France puis l’Argentine, où ils avaient déjà endossé un costume d’outsiders qui leur sied parfaitement, les deux hommes, transcendés par l’événement, ont démontré que la Coupe Davis et sa magie n’avaient rien à voir avec l’ordinaire des autres tournois. Ils en ont surtout fait la démonstration vendredi, lors des premiers simples, tous deux remportés en cinq sets. Radek Štěpánek, notamment, a eu besoin de six heures de jeu pour venir à bout d’Ivo Karlovic et de ses 78 aces, nouveau record du monde de la spécialité dans un match. Au terme du deuxième match le plus long de l’histoire de la Coupe Davis, le Tchèque s’est imposé seize jeux à quatorze dans le cinquième set, et ce après que les quatre premières manches se soient achevées au tie-break (6-7, 7-6, 7-6, 6-7, 16-14). Inébranlable dans un cinquième set au suspense insoutenable par instants, Štěpánek a su se montrer patient jusqu’au bout, effaçant même quatre balles de match contre lui avant de finalement profiter de la première faiblesse d’Ivo Karlovic au service. Epuisé à la sortie du court, Radek Štěpánek restait cependant lucide au moment d’analyser son match :

« J’ai disputé chaque point l’un après l’autre. Je n’ai jamais pensé que j’avais une balle de match contre moi après cinq heures et demie de jeu. Tout ce que je voulais, c’était gagner le point suivant sans penser au score. C’est une attitude qui m’a beaucoup aidé dans les moments décisifs. J’étais fort mentalement et je pense que c’est ce qui a fait la différence en ma faveur. »

Tomáš Berdych,  photo: CTK
Dans la foulée, Tomáš Berdych avait besoin, lui aussi, de cinq sets (6-3, 6-3, 3-6, 4-6, 6-3) et de quatre heures pour se défaire de Marin Cilic. Après avoir mené deux manches à rien et récité son jeu, le Tchèque a vu le Croate recoller au score avant de finalement reprendre le dessus dans la dernière ligne droite. Tomas Berdych :

« Je suis très heureux d’avoir battu Cilic chez lui en Croatie. C’est une belle performance d’autant plus que ce match a été un combat. Je pense avoir fait un match solide, surtout sur la terre battue qui n’est pas la surface sur laquelle je me sens le mieux. C’était d’autant moins évident qu’il a fallu s’adapter très vite après le ciment de l’US Open. Finalement, je pense que c’est plutôt Cilic qui a eu des problèmes en début de match. J’en ai profité et je suis vraiment très heureux de l’avoir emporté. »

Radek Štěpánek et Tomáš Berdych,  photo: CTK
Une deuxième victoire également obtenue à l’arraché, donc, peu avant une heure du matin, mais qui valait son pesant d’or avant le double quelques heures plus tard dont la paire Štěpánek – Berdych, invaincue en Coupe Davis, partait favorite. Et malgré la fatigue de la veille, les Tchèques, impressionnants et dominateurs dès le premier point, ont porté leur série d’invincibilité à huit matchs dans l’exercice particulier du double. Plus encore, ils ont qualifié la République tchèque pour sa première finale depuis 1980. Ils pouvaient alors partager leur joie avec leurs nombreux supporters qui avaient fait le déplacement, comme Radek Štěpánek :

« Si quelqu’un nous avait dit que l’on mènerait trois points à zéro samedi après le double et que l’on serait déjà qualifiés, on ne l’aurait sans doute pas cru, même si on avait confiance en nos moyens. Cette confiance, c’est toujours très important. Je crois qu’on peut être fiers de la qualification et de ce que l’on a fait. Mais même si on est très satisfaits aujourd’hui, on ne l’est pas encore non plus tout à fait. »

Radek Štěpánek et Tomáš Berdych,  photo: CTK
Pour l’être tout à fait, les Tchèques devront bien entendu battre l’Espagne lors de la finale, en décembre. Ils rejoindraient alors au palmarès l’équipe de Tchécoslovaquie de 1980 au sein de laquelle figurait notamment un certain Ivan Lendl. Mais sur les terres du tenant du titre espagnol, qui a facilement disposé (4-1) d’Israël dans l’autre demi-finale, Štěpánek et Berdych, respectivement 17e et 18e joueurs mondiaux, ne partiront une nouvelle fois pas favoris. Surtout si Rafael Nadal décide de participer à la fête…