À Plzeň, 80 ans après, le roi Philippe a rendu hommage aux soldats belges libérateurs souvent oubliés
À l’occasion du 80e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, et juste après le passage à Prague de Volodymyr Zelensky, c’est une visite hautement symbolique que le roi Philippe de Belgique a effectuée en Tchéquie, lundi et mardi. Une visite qui a notamment permis de rendre hommage aux soldats belges qui, eux aussi, ont participé à la libération de la ville de Plzeň et de la partie occidentale de la Bohême.
« On a tendance à oublier qu’il n’y avait pas que des soldats américains. Un bataillon belge a également participé à la libération de la ville. Mais c’est vrai que lors de célébrations, les gens ont plus tendance à prendre le drapeau américain que le drapeau belge, dont les couleurs sont les mêmes que le drapeau allemand. C’est sûr qu’il y a une sorte d’idéalisation... »
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Dans une émission spéciale que nous avions diffusée en 2015 depuis la grande place du centre de Plzeň, à l’occasion des festivités organisées pour le 70e anniversaire de la fin de la guerre, ainsi s’exprimait Christian Potiron, qui était alors un des responsables du programme des manifestations mis sur pied lorsque la grande ville du sud-ouest de la Bohême avait le statut de Capitale européenne de la culture.
C’est vrai que ces soldats belges, des volontaires issus majoritairement des rangs de la résistance dans la province de Liège, qui composaient une unité appelée 17e bataillon des fusilliers belges, sont parfois quelque peu oubliés. Et bien que le dernier d'entre eux soit décédé il y a deux ans, c’est, donc, précisément pour honorer la mémoire de ces hommes qui, aux côtés des soldats américains dirigés par le général Patton, ont permis de repousser les troupes nazies hors de Plzeň, que Philippe a effectué cette visite de deux jours en Tchéquie.
Lundi, un jour après le président ukrainien Volodymyr Zelensky, et vingt-cinq ans après la dernière visite à Prague de son père, Albert II, le roi de Belgique a d’abord été reçu au Château, ancien siège des rois de Bohême, où il a été décoré de l’Ordre du Lion blanc de 1ère classe. La plus haute distinction de l’État tchèque lui a été remise au titre notamment de la promotion de la conscience historique de la lutte commune pour la liberté, comme l’a expliqué le président Petr Pavel :
« Cette décoration est le témoignage de notre respect à votre égard et, à travers vous, à l’égard de tous les citoyens belges pour le combat commun en faveur de la liberté et de l’établissement de relations amicales entre nos deux pays. »
Selon Petr Pavel, le destin a voulu que la Belgique et la Tchéquie soient séparées par de grands voisins, une situation géopolitique qui, a-t-il ajouté, « a souvent été la source d’une volonté de dominer ou même d’effacer nos pays de la carte du monde ».
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Mais, toujours selon Petr Pavel, qui, lui, a été fait Chevalier du Fourquet des brasseurs belges en novembre dernier, c’est aussi cette similitude historique qui, aujourd’hui, permet aux deux pays « de [se] comprendre et de trouver des positions communes pour résoudre les problèmes actuels », comme dans le cadre du soutien à l’Ukraine agressée par la Russie ou, donc, de la participation, au printemps 1945, des soldats belges à la libération de Plzeň et de la Bohême de l’Ouest.
Le deuxième grand temps fort de la visite de Philippe en Tchéquie aura donc été sa participation, ce mardi, à une cérémonie du souvenir précisément à Plzeň, où, comme chaque année, la libération de la ville a été célébrée, pendant plusieurs jours, et où, une nouvelle fois, Petr Pavel a remercié « l’Amérique, la Belgique et tous ceux qui ont participé à la libération de notre pays ».
Devant une copieuse assistance, et après que Petr Pavel a d’abord insisté sur le fait que « la liberté et la paix ne sont pas un acquis », et ce, pas plus aujourd’hui qu’hier, mais aussi l'importance « d’avoir des alliés et de ne pas céder devant le mal », le roi de Belgique a pris la parole à son tour.
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S’exprimant en anglais, en présence de deux anciens combattants américains mais aussi des familles des anciens soldats belges, Philippe a, lui, souligné la nécessité pour l’Europe et les États-Unis, même après quatre-vingts ans de paix, de continuer à rester solidaires pour défendre la liberté et la démocratie.
Rappelant le rôle des troupes belges, par exemple, dans la libération de quelque 700 femmes du camp de Holýšov, le roi a enfin tenu à remercier aussi « les jeunes Tchèques du 11e bataillon d’infanterie qui ont combattu courageusement pour la libération de la Belgique ».



