Vladimir 518, le BiggBOSS du rap tchèque est aussi auteur d’ouvrages de référence sur l’architecture
Vladimir 518, de son vrai nom Vladimír Brož, est une figure incontournable de la scène culturelle tchèque contemporaine. Avec 7krát3, il sort un nouvel album, intitulé White boy. S’il est d’abord connu en tant que rappeur, fondateur du mythique groupe PSH (Peneři strýčka Homeboye) au cœur du hip-hop pragois, il est aussi un artiste visuel reconnu, commissaire d’expositions et auteur de publications influentes sur l’architecture et l’urbanisme.
Nouvel album White boy : « une catharsis »
Militant antifasciste et dans sa jeunesse souvent à la castagne avec les skinheads, Vladimír 518 vient de sortir avec 7krát3 (Štěpán Hebík) un nouvel album intitulé White boy.
« White Boy est une catharsis pour nous. C'est l'aboutissement musical d'un sentiment de toute une vie, celui d'être des gars qui ont grandi dans la culture noire. Nous l'aimons, elle nous a profondément influencés, mais en même temps, nous sommes pleinement conscients que nous venons d'Europe de l'Est et que nous avons vécu avec cette tension intérieure toute notre vie », explique Vladimir 518 à propos de l'idée principale de l'album.
Le premier single sorti le 7 mai est le titre Domov, accompagné d'une vidéo filmée dans le tunnel de la ligne D du métro de Prague, en cours de construction : https://www.youtube.com/watch?v=XvMdQWOZfoM
Du graf à l'architecture, du hip-hop au brutalisme
Né en 1978 à Prague, Vladimír 518 émerge sur la scène rap dans les années 1990. Avec une écriture profondément ancrée dans la réalité post-communiste, il est aussi l’un des pionniers locaux de l’art du graffiti.
Résident du célèbre squat pragois Ladronka à la fin des années 1990, il commence par la BD et peaufine son art au micro avant de sortir le premier album avec PSH en 2001.
Fasciné par la ville, son développement chaotique et ses strates historiques, il s’intéresse rapidement à l’architecture, en particulier à l’héritage moderniste et brutaliste. Il crée sa propre maison d’édition, BiggBOSS (également label jusqu'en 2021).
En 2011, il co-signe Kmeny (tribus), un ouvrage devenu culte, qui documente les sous-cultures tchèques de l’après-1989 : punks, graffeurs, hackers, ravers et bien d'autres.
Il publie en 2022 ARCHITECTURE 58–89, une vaste exploration de l’architecture socialiste, visant à revaloriser un patrimoine trop souvent méprisé. Le livre remporte un franc succès et est accompagné d’un film documentaire diffusé l’année dernière par la télévision publique tchèque :






