« Solution finale à la question tchèque » : il y a 85 ans, un plan nazi prévoyait l’extermination du peuple tchèque

Richard Walther Darré

Le 31 août 1940, Adolf Hitler recevait un document qui allait influencer de manière décisive le destin du peuple tchèque : le plan intitulé Endlösung der tschechischen Frage (« Solution finale à la question tchèque ») présentait la stratégie nazie de germanisation progressive des habitants du protectorat de Bohême-Moravie. S’il ne s’agissait pas de les éliminer physiquement, comme avec la population juive, il visait à effacer l’identité tchèque et à faire des Tchèques des citoyens allemands dociles.

Les Tchèques, des « Allemands bohêmisés »

Photo: Bundesarchiv,  Bild 183-H13160/Wikimedia Commons,  CC-BY-SA 3.0 Unported

Les nazis étaient convaincus qu’en conséquence de plusieurs siècles de cohabitation avec les Allemands, les Tchèques avaient du « sang allemand refoulé ». Leur plan prévoyait de favoriser les Tchèques pouvant prouver leurs racines allemandes, tandis que les autres seraient divisés selon des critères raciaux et idéologiques. Certains devaient être germanisés, d’autres déplacés, et ce jusqu’à l’océan Arctique dans les cas les plus extrêmes.

Colonisation et culte « du sang et du sol »

Reinhard Heydrich | Photo: e-Sbírky,  Musée national,  CC BY-NC-ND 4.0 DEED

Sous la direction des représentants du Reich dans le protectorat de Bohême-Moravie Konstantin von Neurath, K. H. Frank, Walther Darré et Reinhard Heydrich, la Société agricole tchéco-morave est créée afin de redistribuer les terres tchèques à des Allemands. Dans l’esprit de l’idéologie « Blut un Boden », une colonisation progressive du territoire tchèque par des familles allemandes est prévue. Toutefois, sur les 15 000 familles prévues, elles sont moins de 6000 à s’installer.

Classification de la population

Les Tchèques étaient répartis en quatre groupes :

  • Les « bien-pensants de bonne race » devaient être entièrement germanisés.
  • Les « bien-pensants de mauvaise race » devaient être égaux en droit mais ne devaient pas être autorisés à se reproduire.
  • Les « mal-pensants de bonne race » devaient être rééduqués ou déplacés.
  • Les « mal-pensants de mauvaise race » devaient être déportés ou exterminés.

Le procès de Nuremberg

Procès de Nuremberg | Photo: Harry S. Truman Library and Museum,  public domain

Après la guerre, cette politique de germanisation a fait partie des chefs d’accusation du procès de Nuremberg. Y ont été condamnés non seulement les principaux acteurs de cette politique (von Neurath, Darré), mais également les fonctionnaires preneurs des décisions concernant la pureté raciale, les mariages et les déplacements de population.

Le plan de solution finale à la question tchèque n’a jamais été pleinement mis en œuvre. Il n’en reste pas moins un témoignage effrayant d’une volonté d’extermination systématique du peuple tchèque.

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