Vlasta Voskovec : « J’ai profité de mes voyages entre Prague et Paris pour transmettre des lettes aux dissidents »
Née en 1950 dans la région de Vysočina, Vlasta Voskovec (Voskovcová) a passé son enfance et adolescence à Třebíč. Elle a quitté une première fois la Tchécoslovaquie après l’arrivée des chars russes en 1968 et s’est installée dans la capitale française où elle a étudié aux Beaux-Arts jusqu’en 1974.
Jugée, condamnée, puis graciée par le régime communiste, elle est revenue à Prague après y avoir rencontré son futur mari Prokop Voskovec, poète signataire de la Charte 77, avec lequel elle décide de repartir pour la France pour échapper à la répression totalitariste. Illustratrice de plusieurs ouvrages, peintre, graphiste et art-thérapeute, Vlasta Voskovec vit toujours à Paris. Dans ce podcast, elle revient sur son parcours, les rencontres qui ont marqué sa vie, et sur son engagement en faveur de la dissidence tchèque.
Extrait :
« Au début des années 1970, les autorités communistes ont déclaré une amnistie pour les émigrés qui pouvaient revenir en Tchécoslovaquie sans être punis. Mais évidemment, on savait qu’il ne nous serait plus possible de retourner. A l’époque, je n’avais pas encore la nationalité française, j’étais réfugiée politique. Un ami français m’a alors proposé un mariage blanc, pour que j’obtienne la nationalité. Alors je me suis mariée et j’ai pu récupérer mon passeport tchèque. Je suis allée à Prague, c’était très risqué. L’amnistie s’est terminée le 31 janvier 1973 et moi, j’ai quitté Paris, en avion, le 2 janvier 1974. J’étais accompagnée par des amis, j’avais peur. À l’aéroport de Prague, j’ai été aussitôt arrêtée par la police qui a confisqué mon passeport et les adresses que j’avais sur moi. J’ai quand même réussi à contacter des gens à Prague, parmi lesquels il y avait Prokop Voskovec. Nous sommes tombés amoureux. Le tribunal de Třebíč m’a à nouveau condamnée à un an de prison, mais mon avocat a demandé la grâce du président. Au bout d’environ dix mois, j’ai en effet obtenu la grâce présidentielle et aussi la nationalité française. J’ai donc pu retourner en France, ce qui n’était pas le cas de Prokop Voskovec. Mais lui, à l’époque, il ne voulait même pas partir. »






