Olga Moris : « J’adorais danser en costume morave aux bals du Sokol de Paris »
Originaire d’Olomouc, Olga Moris vit en France depuis la fin des années 1960, mais la Moravie, sa région natale, lui reste chère. Elle est issue de la famille de l’architecte fonctionnaliste Lubomír Šlapeta, connu comme l’auteur de nombreux bâtiments et de maisons familiales en Moravie centrale. Le frère jumeau d’Olga Moris, Vladimír Šlapeta, est également architecte, tandis que le son frère aîné, Ivan, est caméraman. Olga a quitté la Tchécoslovaquie à peine deux mois après l’invasion d’août 1968, pour épouser son petit ami Jacques quelques mois plus tard, à l’Église Saint-Séverin.
Dans ce podcast, Olga se souvient de ses premières semaines de vie à Paris, du travail de jeune fille au-pair dans des familles où elle ne se sentait pas « à sa place » et des nuits passées dans une chambre de bonne. « Malgré les difficultés, je n’ai jamais songé au retour », confie cette mère de quatre enfants et ancienne professeur de musique qui dit avoir « tchéquisé » toute sa famille, y compris son mari.
Extrait :
« En 1968, je fréquentais une école pédagogique, où je me préparais pour le métier d’institutrice à l’école maternelle. Le 21 août, j’étais dans une colonie de vacances près d’Olomouc, où je donnais des cours de chant aux enfants. Quand nous avons appris que le pays était occupé par les soldats soviétiques, nous ne savions pas quoi faire : c’étaient les vacances et de nombreux parents d’enfants dont nous nous occupions étaient partis, certains même à l’étranger. Comme à l’époque, nous n’avions pas de portables pour les joindre, c’était compliqué. Je ne sais plus comment, mais nous avons réussi à ramener tous les enfants chez eux. »
« J’ai rencontré mon futur mari Jacques pour la première fois à Bruxelles. Nous avons ensuite échangé des lettres et j’ai décidé de partir en France, pour apprendre la langue. Je suis partie en train, le 3 octobre 1968, depuis la Gare principale de Prague… J’ai été accueillie par la grand-mère de mon futur mari, qui faisait à l’époque son service militaire, à Bar-le-Duc. Je me souviens de la première soirée que nous avons passée ensemble, moi qui ne parlais pas un mot de français et elle qui ne parlait ni allemand ni tchèque, évidemment… Nous avons bu du vin, nous ne pouvions rien faire d’autre ! »
« Je ne me suis jamais sentie comme une émigrante. Je ne suis pas restée en France pour des raisons politiques, c’était une question d’amour et de famille. »













