Presse : le retour des équipes russes de hockey sur la scène internationale suscite l’indignation
Cette revue de presse revient sur la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) autorisant le retour des équipes russes de hockey sur la scène internationale. Elle évoque également les controverses suscitées par Josef Mašín, figure emblématique de la résistance anticommuniste, récemment décédé. Au sommaire aussi : l’absence de cadre législatif spécifique aux soins palliatifs et le rôle que jouera le funiculaire de Petřín dans un prochain film adapté d’un roman de Dan Brown.
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a décidé d’autoriser, avec effet immédiat, le retour des équipes russes dans les compétitions internationales de hockey sur glace. Pour justifier sa décision, il estime que la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) n’a pas suffisamment étayé, preuves à l’appui, la prolongation de l’interdiction de participation des équipes russes. « C’est absurde. Alors que des joueurs de hockey ukrainiens meurent, les Russes font leur retour aux championnats du monde », s’indigne le quotidien Hospodářské noviny. Une décision qui constitue, à ses yeux, un affront honteux à la mémoire des sportifs ukrainiens tués.
« Le site Angels of Sport recense méthodiquement les parcours des sportifs ukrainiens tués depuis le début de la guerre. Ils sont déjà plus de 600, parmi lesquels une douzaine de hockeyeurs qui ont perdu la vie depuis le début de l’agression russe. Le site indique également que plus de 3 000 sportifs ukrainiens ont directement pris part aux combats contre la Russie. D’autres contribuent à l’effort de guerre en coulisses, par leur aide matérielle ou en affichant une position ferme face à leurs adversaires russes sur les terrains, à l’image des joueuses de tennis Oleksandra Oleïnikov et Marta Kosťyuk. La situation paradoxale dans laquelle se trouve le sport mondial est également illustrée par la position de la WTA, l’Association féminine de tennis. »
Le quotidien relève que, tout comme la Russie, les membres de sa « cinquième colonne » en Tchéquie se réjouissent eux aussi de cette décision. Sans surprise, ils affirment que la politique n’a pas sa place dans le sport et que les athlètes, qui se sont préparés avec tant d’assiduité à ces compétitions internationales, ont le droit d’y participer. « Pourtant, le sport a toujours été et demeure un instrument politique au service des régimes totalitaires », souligne Hospodářské noviny, avant de relever que la décision du TAS aura des répercussions considérables sur l’organisation et le déroulement des prochains championnats.
« Ostrava accueillera par exemple, en janvier 2027, le championnat du monde féminin de hockey sur glace des moins de 18 ans. Pourrons-nous nous opposer à la venue de la délégation russe en lui refusant des visas d’entrée sur notre territoire ? Certains pays décideront-ils de boycotter l’ensemble de la compétition ou seulement les rencontres face aux Russes ? Nous aurons sans doute un premier aperçu de ce qui nous attend dès le 26 décembre, avec le coup d’envoi du Championnat du monde junior 2027 au Canada. »
Dècès de Josef Mašín, un héros controversé pour les Tchèques
« Josef Mašín, dernier survivant du célèbre groupe de résistance anticommuniste des frères Mašín, décédé lundi 2 novembre aux États-Unis à l’âge de 94 ans, était un héros trop controversé pour les Tchèques. » C’est le constat de l’éditorialiste de l’hebdomadaire Respekt, qui explique les raisons de cette ambivalence :
« Les méthodes impitoyables employées par les frères Mašín pour se procurer des armes après l’instauration de la terreur communiste dans les années 1950 étaient adaptées à la situation, tout comme l’avaient été celles des résistants dont l’action pendant la Seconde Guerre mondiale fait aujourd’hui l’unanimité. Si nous considérons désormais le régime communiste comme aussi criminel que le nazisme, nous devrions saluer les membres de ce groupe comme des héros pour y avoir résisté. Cette vision ne s’est toutefois pas imposée, en raison du désaccord d’une partie importante de la société, y compris de l’ensemble des présidents qui se sont succédé depuis 1989. Le fait que la société tchèque ne parvienne pas à trouver un consensus sur le phénomène des frères Mašín est une réalité qu’il faut accepter. Elle continuera de s’indigner à l’idée que, dans une période de terreur et de lutte des classes, certains aient pris les armes pour combattre, ce qui impliquait de tirer et, très probablement, de tuer. Mais, dans le même temps, elle continuera aussi d’applaudir cette détermination. »
Comme le souligne l’éditorialiste de Respekt, le nombre de personnes indifférentes à cet épisode désormais lointain ne va cesser d’augmenter. Les frères Mašín ont eux-mêmes contribué à cette distance par leur attitude après novembre 1989, en refusant de rentrer au pays tant que « les communistes continueraient à y régner ». Pourtant, peu d’Etats postcommunistes ont procédé à une remise en question aussi poussée du communisme sur le plan institutionnel que la Tchéquie :
« Nulle part ailleurs la loi sur la lustration n’était aussi bien conçue, nulle part ailleurs autant de dissidents non communistes n’ont occupé les plus hautes fonctions, nulle part ailleurs autant de Premiers ministres se sont ouvertement déclarés anticommunistes. L’intransigeance absolue des frères Mašín était donc incompréhensible aux yeux d’une grande partie de la population. A leurs yeux, même Václav Havel, par exemple, était un collaborateur des communistes de l’après-Novembre, voire un ‘criminel’. »
A l’inverse, comme le résume l’éditorialiste, sans cette intransigeance et cette obstination, toute l’histoire fascinante de la famille Mašín n’aurait sans doute jamais vu le jour. Cela vaut aussi bien pour le parcours de leur père Josef, héros de la résistance antinazie, que pour celui de leur mère Zdena, morte dans une prison communiste. « Même si de nombreux aspects de l’histoire des Mašín peuvent aujourd’hui sembler incompréhensibles, cela ne change rien au caractère exceptionnel de leur parcours », conclut-il.
L’insuffisance de soins palliatifs en Tchéquie
« Pourquoi le droit aux soins palliatifs n’est-il toujours pas garanti en Tchéquie ? » C’est la question que soulève un chroniqueur du quotidien en ligne Lidovky.cz, à l’occasion de la fête des morts (Dušičky en tchèque). Il écrit :
« Chaque année, plus de 110 000 personnes meurent en Tchéquie, soit l’équivalent de la population d’une ville régionale. Et de même que chacun vit différemment, chacun meurt aussi différemment. Par rapport aux pays développés de l’Union européenne, nous sommes à la traîne. En Europe occidentale, on a depuis longtemps pris conscience de l’horreur que représente une fin de vie dans un environnement surmédicalisé. Et même si les places en hospice sont toujours insuffisantes, les soins palliatifs, autrement dit un accompagnement empreint d’humanité et de compassion, y constituent généralement la norme. Ce n’est pas le cas chez nous. La plupart des gens meurent à l’hôpital. Certes, de nombreux établissements de soins de longue durée font un excellent travail. Mais lorsque ce n’est pas le cas, on a l’impression d’assister à une forme de complot de l’indifférence, à une mort dans l’abandon. »
L’hiver dernier, un groupe de parlementaires a déposé au Sénat une proposition de loi visant à garantir le droit aux soins palliatifs. Rien d’étonnant, selon le chroniqueur, à ce qu’elle ait été critiquée puis rejetée : en Tchéquie, on aurait tendance à se méfier des expériences menées ailleurs et à refuser de s’en inspirer. Le ministère de la Santé a toutefois réagi rapidement en présentant sa « Stratégie de développement des soins palliatifs en République tchèque à l’horizon 2035 ». Mais si ce document prévoit la prise en charge de plus de 60 000 patients par an, il ne constitue encore qu’une déclaration d’intention, dépourvue de cadre légal et d’obligation concrète de mise en œuvre. « Il faut réclamer une loi aussi concise que possible, stipulant par exemple que chacun a droit à des soins palliatifs de qualité et à une fin de vie digne », conclut le chroniqueur.
Le funiculaire de Petřín bientôt à l’écran, dans un film adapté de Dan Brown
Le funiculaire qui conduit au sommet de la colline de Petřín, à Prague, continue de susciter un vif engouement. Selon le quotidien Mladá fronta Dnes, plus d’un mois après la mise en service des nouvelles cabines, à l’issue de deux années d’interruption et de travaux de rénovation, la société des transports publics enregistre encore plus de 10 000 passagers par jour :
« Face à l’engouement exceptionnel du public et à la forte affluence, le funiculaire continuera de circuler selon les horaires d’été, y compris pendant l’hiver. Il n’y aura pas non plus de fermeture automnale, habituellement prévue pour les opérations régulières d’entretien et de contrôle. Celle-ci est reportée au mois de mars prochain. »
Le funiculaire sera toutefois à l’arrêt pendant quatre jours, du 10 au 13 novembre. Cette interruption est due, précise non sans satisfaction le journal, au tournage d’un film Netflix, Le Secret des Secrets, adapté du dernier roman de l’écrivain Dan Brown, dont l’intrigue se déroule en grande partie à Prague. Le funiculaire de Petřín y tiendra un véritable rôle, dans cette adaptation d’un ouvrage particulièrement apprécié des lecteurs tchèques.




