Prostitution, proxénétisme, traite des femmes en Tchéquie
Comme toutes les capitales du monde, Prague possède ses rues « chaudes », celles où se pratique le « plus vieux métier », en un mot où vit le milieu de la prostitution. En dehors de Prague, cette manière de gagner sa vie est très développée dans les régions frontalières avec l'Allemagne surtout. Pour le Tchèque moyen, il est souvent assez incommodant de passer par certaines rues de Prague, le soir ou dans la nuit. Cela aussi fait partie de la vie de chaque jour, du quotidien des citoyens de la République tchèque.
« Nous ne disposions pas de données révélatrices sur cette forme de prostitution. Il semblait peu probable qu'il existe un si grand nombre d'enfants obligés de se prostituer. L'opération policière a démontré que ce n'était pas le cas et a fourni, aussi, des données importantes pour nos activités à l'avenir ».
Que dit la législation tchèque sur la prostitution et le proxénétisme ? Citons un peu de l'article 246 du code pénal, le passage concernant la traite des êtres humains. En effet, on ne parle plus seulement, et malheureusement, de la « traite des blanches ». Cet article stipule donc que toute personne qui attirera à l'étranger ou de l'étranger, emploiera ou transportera une autre personne à des fins conduisant à l'acte sexuel, sera condamné à une peine allant de 1 à 5 années de prison ferme. Une peine de 3 à 8 années de réclusion criminelle sera appliquée, dans le cas de la réalisation d'un tel acte en temps que membre d'une organisation, afin de réaliser un important bénéfice personnel, si cette autre personne a moins de 18 ans, ou si cette autre personne serait contrainte à la prostitution. Une peine de 5 à 12 années de réclusion criminelle sera appliquée dans le cas d'une grave atteinte à la santé de cette autre personne, d'un décès de celle-ci ou de graves conséquences ou, dans le cas où cet acte conduirait à la volonté de réaliser un bénéfice considérable. C'est ce que dit la loi sur le proxénétisme. En effet, les prostituées, elles-même, ne sont pas les principales cibles des autorités tchèques, comme dans le monde entier d'ailleurs. L'ONU, l'Union européenne et autres organisations internationales appellent à la poursuite en justice et à la condamnation de ceux qui sont derrière les prostituées, les proxénètes et leurs organisations aux ramifications internationales. Le gouvernement tchèque, conduit par le Premier ministre, Vladimir Spidla, rejoint l'opinion de l'ONU ou de l'Union européenne : les mesures employées par les autorités tchèques dans la lutte contre la « traite des blanches », comme on appelle encore souvent le trafic des prostitués, femmes, hommes ou enfants, sont insuffisantes. Le cabinet a adopté, le mois dernier, un plan stipulant la manière de lutter contre ce fléau. Comment ? En augmentant le nombre de policiers qui feront partie des brigades des moeurs. L'Etat devrait apporter une aide plus importante aux victimes du proxénétisme. Les autorités devraient développer et réaliser de plus amples mesures de prévention.
Quelle est la réalité officielle ? Combien de prostituées en Tchéquie ? D'où viennent-elles ? Selon les statistiques du ministère de l'Intérieur, il y aurait 15 000 à 25 000 prostituées sur le territoire tchèque. Sur ce nombre, seulement 5 000 femmes feraient le trottoir sans proxénète, sans aucun contrôle. Ces dernières années, le nombre de prostituées a énormément augmenté en Tchéquie. Un grand nombre de prostituées vient des pays de l'Europe de l'est. « Dans les bordels tchèques, on trouve une grande quantité de femmes de Moldavie, d'Ukraine ou de Bulgarie » - affirme Lucie Gladisova de l'Organisation internationale pour la migration. Comment arrivent-elles en République tchèque ? Comme dans le monde entier : en tant que touristes, les proxénètes leus confisquent leurs passeports et les obligent ensuite, sous la menace, à se prostituer. En dehors de la capitale, Prague, les proxénètes se concentrent dans l'ouest et le nord-ouest de la Bohême, à proximité des frontières allemandes. Cheb, ville frontière, compte dans les 400 prostituées qui font le trottoir. Dans la même région, la police a arrêté, l'année dernière, 24 poxénètes et libéré 70 femmes contraintes à la prostitution. Dans la région de Chomutov, en Bohême du nord-ouest, la police a démantelé un réseau de proxénétisme bulgare qui pratiquait la traite des femmes.
Le problème de la prostitution est millénaire. Les prostituées sont tolérées, un peu partout dans le monde. Par contre, les policiers tchèques s'orientent, comme leurs collègues de France, Belgique, Allemagne, Etats-Unis ou autres, sur la poursuite des crimes et délits commis par les proxénètes et leurs organisations. En effet, c'est dans ce milieu que se développe le crime organisé, allant de la traite des blanches au trafic de drogue. En plus de cela, comme l'indique Lucie Gladisova, de l'Organisation internationale pour la migration, il n'y a pas que le proxénétisme qui se développe en Tchéquie, mais aussi une sorte de travaux-forcés, avec les travailleurs illégaux, au noir. Ils ne disposent d'aucune protection, ne sont pas payés souvent, sont l'objet du racket et manipulés donc. De leur situation, il n' y a qu'un pas vers le crime organisé. Pour terminer, revenons aux enfants. Selon l'Organisation internationale pour la migration, les enfants qui se retrouvent seuls, sans famille en Tchéquie, sont l'objet d'un odieux trafic. La Tchéquie est devenue en pays de transit pour ces enfants. Au cours des quatres dernières années, 700 enfants non-accompagnés ont fait une demande d'asile en République tchèque. Près de 500 d'entre eux ont quitté le pays sans qu'on ne sache où ils sont passés. Ils se trouvent, probablement, en Europe occidentale, se prostituant où finissant comme dealer de drogue... Le remède ? Bien que critiqué, le ministère de l'Intérieur semble suivre la bonne voie, l'exemple d'autres pays de l'Union européenne : multiplier les contrôles, les opérations coup de poing, mais aussi développer des mesures de prévention adéquates.




