Yann Tiersen présente son nouvel album à Prague

Yann Tiersen, photo: CTK

Impossible de ne pas connaître les mélodies qui ont rendu célèbre le compositeur français Yann Tiersen, lorsqu’il a réalisé la bande originale du film de Jean-Pierre Jeunet « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ». Il a d’ailleurs enchainé aussitôt avec la BO d’un autre succès du box-office, « Good-bye Lénine ». Pourtant, ne lui parlez surtout pas d’Amélie. « Oubliez Amélie », crie-t-il même sur tous les toits. Yann Tiersen s’est produit au Divadlo Archa de Prague lundi dans le cadre d’une tournée annonçant son nouvel album« Dust lane », qui sortira à l’automne prochain. Il a répondu aux questions de Radio Prague

Yann Tiersen, photo: CTK
« ‘Dust lane’ est un terme d’astronomie, mais je l’ai découvert après. L’idée, c’était plus la poussière, mais il s’agit de poussières d’étoiles derrière une galaxie, si je ne me trompe pas. »

C’est un album qui s’annonce résolument plus rock que les albums que vous avez fait précédemment…

« C’est un album où il a beaucoup de contrastes, au sein même d’une chanson. Il n’y a que huit morceaux, qui sont assez longs, et il y a pas mal d’atmosphères différentes au sein même d’un morceau. »

Vous avez beaucoup travaillé avec Bertrand Cantat de Noir Désir ou les Têtes raides, et avec beaucoup de groupes de rock français. D’une manière générale, qu’est-ce qui vous inspire et quelles sont vos influences ?

« C’est difficile de parler d’influences. Mais j’écoute beaucoup de musique. C’est plus dans le subconscient, les influences. »

Vous aviez un groupe de rock quand vous étiez plus jeune. Est-ce que faire quelque chose de plus électrique est une sorte de retour aux sources ?

Yann Tiersen
« Oui et non. Quand j’ai commencé la musique, c’était au sein d’un groupe et on avait tendance, pour le coup, à être très influencés par ce qu’on écoutait. Ensuite le groupe s’est dissous et j’ai commencé à travailler tout seul. Je travaillais beaucoup avec des samplers – c’était le début du sampler. Et ça m’a amené à réutiliser des instruments acoustiques qui m’apportaient de la fraicheur parce que c’était assez éloigné de ma culture, de ce que j’écoutais. Puis le processus s’inverse, au fil du temps. Je ne peux plus faire que des choses acoustiques parce que ça ne m’intéresse plus trop. Je n’ai pas fait le tour parce qu’on ne fait jamais le tour mais pour avancer, j’ai besoin d’autre chose. »

Vous êtes aussi connu comme étant multi-instrumentiste, mais vous êtes aussi accompagné de musiciens sur scène. Que vous apportent-ils ?

« Pour l’album, j’ai travaillé presque tout seul, sauf pour les voix. C’est un album où il y a beaucoup de chœurs en fait. Il n’y a aucun morceau instrumental mais ce ne sont pas non plus des chansons classiques. Par contre, il y a notre batteur qui joue sur tous les morceaux mais il est la seule intervention musicale extérieure. Je trouve que la tournée, c’est tout l’inverse. C’est un travail de groupe, où on reprend les morceaux et on se les réapproprie tous ensemble. »

Yann Tiersen, photo: CTK
Vous prenez du plaisir à être sur scène ?

« Oui, évidemment, j’adore. Je ne peux pas imaginer enregistrer sans faire de scène et vice-versa d’ailleurs. J’aime bien ces rythmes de deux ans, ou pendant deux ans je reste sédentaire et je travaille, et ensuite pendant deux ans on est en tournée tout le temps. »

Est-ce commun de faire une tournée avant la sortie de l’album ?

« La date de sortie d’un album dépend de la maison de disques. Ce que je trouve logique, c’est de faire une tournée quand un album est fini. Si l’album est enregistré, qu’il soit sorti ou pas, cela me parait normal de le jouer devant les gens. Il se trouve que, comme j’ai changé de maison de disques, ça prend un peu plus de temps, et l’album sort plus tard. Mais on tourne quand même. »

Vous avez déjà joué à Prague il y a trois ans. Avez-vous des souvenirs ?

« Oui, j’avais beaucoup aimé. Même si mes souvenirs sont un peu mélangés avec la tournée, mais c’était dans la même salle. »

Et je crois que vous vous êtes un peu baladé dans Prague. Quelles sont vos impressions de la ville ?

« J’adore Prague. C’est super beau. Mais il y a tellement de touristes. En plus, c’est culturellement très riche, donc ça fait bizarre de voir tous ces magasins. »