Zuzana Hulka : « Je compose ma peinture comme un compositeur construit sa musique »

La peintre Zuzana Hulka est née en 1951 dans la ville de Zlín, à l’époque où l’ancienne capitale de la chaussure Baťa s’appelait encore Gottwaldov. Elle émigre en 1978 et après quelques années en Tunisie, elle s’installe en France en 1981. Aujourd’hui, elle se consacre exclusivement à une création que les critiques désignent comme « abstraction lyrique ». Jusqu’au 27 février, l’IFP, l’Alliance française et la Galerie municipale de Plzeň exposent ses œuvres en parallèle avec celles d’une autre Tchèque installée en France, Terry Haas. Radio Prague a demandé à Zuzana Hulka comment elle avait choisi les œuvres de ses expositions.

« Le choix était assez simple. Les organisateurs de l’Institut français ont choisi d’exposer des lithographies qui ont été réalisées à Prague dans l’excellent atelier de monsieur Jiří Lípa.

Pour la galerie de Plzen, c’est le commissaire de l’exposition M. Janoušek et le directeur M. Malina qui voulaient qu’on représente trois périodes de ma création entre 1997 et 2007. Quand vous rentrez, vous avez la première période, vous sentez qu’il y a encore un lyrisme dans la touche et dans le choix des couleurs. Dans la deuxième étape, les formes se définissent davantage, s’élargissent. Il y a beaucoup plus de blanc qui donne de la luminosité. Cette luminosité donne – j’exagère peut-être – quelque chose d’ordre spirituel, dans le sens le plus simple du terme. Il y a des œuvres de la dernière époque où tout se calme davantage, c’est plus une sorte de méditation avec des couleurs très élémentaires, très pures, très simples, très reposées. »

Vous aimez la couleur en tout cas, ça se voit dans vos tableaux, où vous multipliez les aplats de couleur. Il se dégage de ces aplats qui se superposent sans se mélanger une impression presque musicale. La musique rentre-t-elle en compte dans votre création ?

« J’aime énormément la musique. Pour moi, les plus grands peintres, c’est Beethoven, c’est Janáček… Je compose ma peinture comme un compositeur construit sa musique. Ma démarche est assez semblable à celle du contrepoint. Je commence par exemple sur une grande surface blanche avec un sentiment, une couleur choisie. Je sais où elle va être placée, je sais dans quelle orientation elle va être placée. Ce premier pas franchi, je suis obligée d’ajouter une autre couleur. Après, je travaille vraiment comme un compositeur. Dans ce travail qui se découle apparemment de façon libre, il y a un ordre très strict, très exigeant. »

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans la rubrique culturelle d’un week-end à venir.