65 ans après, un documentaire revient sur les massacres de civils allemands sur le territoire tchécoslovaque

'Zabíjení po česku'

« Zabíjení po česku », Tuerie à la tchèque en français : c’est le titre du documentaire diffusé jeudi soir sur la deuxième chaîne publique. Un film qui revient sur un des plus grands tabous de l’histoire du pays : les massacres de civils allemands en mai 1945 sur le sol tchécoslovaque.

'Zabíjení po česku'
Des images de meutres de civils allemands à Prague filmées par un vidéaste amateur en mai 1945 et diffusées pour la première fois. Des gens fusillés de dos sur le bord de la route et un camion qui roule sur les corps des victimes : ces quelques secondes de film ont été données par la fille de ce vidéaste, 65 ans après, au documentariste David Vondráček :

David Vondráček, photo: www.ceskatelevize.cz
« Il n’existe pratiquement aucune vidéo de meurtres de civils ici. Mais, par hasard, dans le quartier de Bořislavska à Prague 6, le père d’Helena Dvořáčková, Jiří Chmelíček, amateur de vidéo à l’époque, a réussi à filmer ces exécutions. »

Une quarantaine de personnes auraient été tuées lors de ces exécutions qui ont eu lieu le 9 mai 1945 selon les historiens et qui ont été perpétrées par l’Armée Rouge, tout juste arrivée à Prague. Mais le documentaire revient également sur d’autres meurtres de civils allemands, commis par des Tchèques, dans d’autres villes et notamment à Postoloprty (Postelberg en allemand), où plus de 700 personnes ont été tuées. David Vondráček :

Le massacre de Postoloprty
« Les victimes du massacre de Postoloprty ont été assassinées dans le cadre du plus grand massacre de civils qui s’est déroulé en Europe entre la fin de la Deuxième guerre mondiale et le massacre de Srebrenica en Bosnie en 1995 ».

Après une longue enquête, la police tchèque a récemment révélé les noms de deux des principaux responsables de ce massacre de Postoloprty, tous les deux décédés. Totalement censurées sous le communisme, les informations sur les crimes commis lors de l’expulsion des Allemands du territoire tchécoslovaque restent un sujet plus que difficile à aborder dans la République tchèque d’aujourd’hui. David Vondráček :

'Zabíjení po česku'
« Evidemment, je pense qu’une partie de l’opinion publique n’acceptera pas de se confronter à ce film et aux faits. Je pense que, sur le chemin du travail de mémoire et de notre introspection en ce qui concerne la situation juste après la guerre, nous n’en sommes qu’à la première étape. »