« A Prague, la beauté féminine est partout mais on ne la regarde pas »

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Les éditions Mladá Fronta viennent de publier un ouvrage intitulé « Les protectrices des rues de Prague ». Les textes du jeune historien de l’art Ladislav Zikmund détaillent ces représentations de la féminité à travers la capitale tchèque, accompagnées de clichés réalisés par le jeune photographe, Martin Babic... Il a feuilleté l’ouvrage pour Radio Prague, et évoqué les sujets de ses photos.

« Il s’agit des femmes, de belles femmes, souvent magnifiques. En pierre, le plus souvent. Sur les murs, un peu partout. C’est ça qui est le plus étonnant : dans les rues Prague, la beauté féminine est partout, mais on ne la regarde pas, c’est dommage. C’était le but de ce livre : montrer aux gens qu’ils peuvent découvrir et apprendre par le texte qui est très complet à cet égard. »

Pourquoi des ‘protectrices’ des rues de Prague ?

« Il s’agit aussi du deuxième tome d’une série. La première était consacrée aux protecteurs des rues. On a suivi l’idée du premier livre. Alors pourquoi les protectrices ? Une bonne partie du livre est consacré en particulier aux madones et parle de la femme protectrice dans la tradition chrétienne. Souvent dans le monde masculin, on aime bien, parfois, imaginer les femmes comme des protectrices, pas seulement de nous, les hommes, mais aussi de tout ce qui nous entoure. »

Zuzana Kupková, Martin Babic, Ladislav Zikmund et Lutobor Hlavsa, photo: Petr Brodecký
On parle toujours d’ « éternel féminin ». La femme est un sujet artistique maintes fois reproduit. Là, il s’agit de statues, de macarons sur les murs des maisons, des allégories... Comment photographie-t-on des statues en tant que photographe, par rapport à des modèles vivants qui sont en mouvement ?

« D’abord je voudrais remercier tous les modèles, parce que parfois ce n’était pas évident (rires) ! Il faut beaucoup attendre, il faut attendre la lumière, trouver le bon angle, c’est ce qui était le plus important. Il y a des photos dans le livre qui sont plutôt descriptives parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’espace pour trouver des angles intéressants et qui sortaient de l’ordinaire, surtout avec les statues posées librement dans l’espace. J’ai essayé de jouer avec les cadrages pour rendre les photos un peu plus intéressantes. »

Martin Babic, Ladislav Zikmund et Lutobor Hlavsa, photo: Petr Brodecký
Vous aviez une liste de statues à photographier pour qu’elles collent aux textes... Avez-vous lu les textes pour vous aider dans votre travail ?

« J’ai lu les textes. Dans certains endroits, c’était totalement à moi de choisir quelle statue, quelle peinture je voulais photographier. J’ai joué avec les deux : à la fois avec le texte mais aussi, si on veut, avec l’inspiration féminine sur place. »

Dans vos pérégrinations dans Prague, avez-vous repéré plus de statues de femmes ou d’hommes ? Ou bien cela s’équivaut-il ?

« Cela s’équivaut. Dans le livre, on apprend à partir de quand la femme commence à jouer un rôle important dans l’inspiration artistique. Par exemple, quand les figures des hommes qui soutiennent les balcons sont remplacés par des femmes. »