Allégement de la dette des pays pauvres

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Une partie des revendications des opposants à la mondialisation arrivés à Prague, à l?occasion des assises du F.M.I. et de la Banque mondiale, a fait l?objet des discussions de l?élite financière mondiale : la réduction de la dette des pays pauvres. Un sujet préparé et présenté par Alain Slivinsky.

Les ministres des pays membres du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, lors de leurs entretiens de deux jours, à Prague, ont confirmé leur intention de réduire la dette des 20 pays les plus pauvres, au lieu des 10 pays dont il était question jusqu?à maintenant. Il s?agit surtout de pays du continent africain. Le programme de l?allégement de la dette des pays pauvres devrait être élargi à 41 pays, dans les années à venir. Cette dette est évaluée à 75 milliards de dollars. Selon le président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, le fait qu?il y a trois ans, les institutions financières mondiales ne parlaient même pas de ce thème, et qu?aujourd?hui elles visent une réduction de 65 % de la dette des pays les plus pauvres, est un grand progrès. L?allégement de près des 3/4 de cette dette devrait apporter aux pays pauvres des centaines de millions de dollars. Les gouvernements de ces pays devraient les utiliser, sous le contrôle de la Banque mondiale, dans la réalisation de programmes conduisant à la réduction de la pauvreté et au renforcement de l?assistance sociale. Jubilé 2000, un mouvement religieux international, a organisé dimanche, à Prague, une manifestation dont la principale revendication était l?annulation totale de la dette des pays pauvres. Le chef de Jubilé 2000, Mme Anne Pettifort, a déclaré que la solution proposée par les financiers mondiaux n?est pas satisfaisante, car les pays endettés ne sont pas capables de payer leur dette. Selon elle, il est indispensable d?annuler cette dette à 100 %. Les experts de la Banque mondiale refusent une telle alternative. Ils affirment que cela dépend de la situation dans les différents pays. Ces derniers doivent préparer des programmes de dépenses des moyens financiers économisés. La Banque mondiale compte bien contrôler leur emploi à des fins utiles. Le résultat des négociations de Prague : cette année, la dette des pays les plus pauvres, en majeure partie africains, devrait être réduite de plus de 30 milliards de dollars. Le programme d?allégement ne compte que 20 pays, les autres pays pauvres faisant souvent face à des conflits ou présentant d?autres graves problèmes dans lesquels les institutions financières mondiales ne veulent pas intervenir.