Anciens membres de la StB condamnés

Photo : Jana Sustova

StB... trois lettres qui faisaient trembler beaucoup de citoyens de l'ancienne Tchécoslovaquie communiste. C'était l'abréviation de la Sécurité nationale, ce qu'on appelle couramment la police secrète. Sous le régime communiste, l'une de ses activités principales était la répression des dissidents et des personnes qui n'étaient pas pour le communisme en général. Au centre de l'attention de la StB, les signataires de la Charte 77.

Photo : Jana Sustova
StB... trois lettres qui faisaient trembler beaucoup de citoyens de l'ancienne Tchécoslovaquie communiste. C'était l'abréviation de la Sécurité nationale, ce qu'on appelle couramment la police secrète. Sous le régime communiste, l'une de ses activités principales était la répression des dissidents et des personnes qui n'étaient pas pour le communisme en général. Au centre de l'attention de la StB, les signataires de la Charte 77. Les autorités avaient inventé un plan diabolique. Pour ne pas être obligé de les arrêter, de les poursuivre en justice, de les emprisonner, on avait décidé de les contraindre, par l'intimidation et la force, à émigrer. En ce temps-là, l'émigration équivalait à l'exil, puisque le citoyen qui quittait illégalement la Tchécoslovaquie communiste, était déchu de sa nationalité. Ce fut le cas de Zina Freundova, signataire de la Charte 77.

Il y a 23 ans, au petit matin, deux membres de la police secrète se présentèrent chez elle. Quand ils sont repartis, Zina Freundova, était étendue nue, sans connaissance sur le parquet de son appartement. Son téléphone avait été coupé. Cette visite matinale faisait partie du plan portant le nom d'Assainissement. Dans le cas de Freundova, il a atteint son sombre objectif : elle a décidé de parer à d'autres attaques et a émigré en Grande-Bretagne. Les auteurs de cet acte honteux ? Inutile de citer leurs noms, des membres de la StB comme eux, il y en avait des centaines, mais les deux qui ont martyrisé Zina Freundova ont été jugés et condamnés : trois ans de réclusion en première instance, cinq ans en seconde, un non lieu décrété par la Cour supérieure et, ce lundi, trois ans de réclusion criminelle. L'affaire n'est pas terminée, car le procureur, mais aussi les accusés, qui étaient absents au procès, ont fait appel. Pour Petruska Sustrova, journaliste qui fut prise aussi dans les rouages de l'opération Assainissement, trois ans de prison c'est peu pour des tortionnaires à la botte du régime communiste, qui ont contraint bon nombre de ses meilleurs amis à l'émigration.