Athlétisme : Duplantis, Holloway, Bol, Gout Gout, Chopra... Nouvelle pluie de stars à Ostrava
Armand Duplantis à la perche, la grande première en Europe du nouveau phénomène australien du sprint Gout Gout, la Néerlandaise Femke Bol sur 400 mètres, l’Américain Grant Holloway sur 110 mètres haies ou encore Neeraj Chopra et Haruka Kitaguchi, les champions du monde en titre du lancer du javelot qui, tous deux, possèdent un entraîneur tchèque.
Comme chaque année, c’est un plateau de choix que les organisateurs du meeting « Zlatá tretra » (Golden Spike – La Pointe d’or) d’Ostrava ont réuni pour ce mardi. Conditions climatiques excellentes aidant, c’est une superbe soirée que s’apprêtent à passer tous les amoureux d’athlétisme.
Longtemps, la superstar à Ostrava a d'abord été Usain Bolt. Même au faîte de sa gloire, le sprinter jamaïcain est toujours revenu avec le même plaisir dans la cité de Moravie-Silésie, où, disait-il, il se sentait comme chez lui et où le public, traditionnellement très nombreux même quand le soleil n’est pas au rendez-vous, n'a jamais cessé de lui manifester une affection toute particulière.
Mais même depuis le départ à la retraite de l’un des meilleurs athlètes de l’histoire, « Golden Spike » n’a rien perdu de sa superbe, et bien que le meeting ne fasse pas partie de la prestigieuse Ligue de diamant, ses organisateurs continuent, année après année, d’attirer quelques-uns des plus grands noms de la reine des disciplines olympiques.
Le plateau réuni pour cette édition 2025 confirme une fois encore cet excellent travail en coulisses. Car les temps forts seront nombreux ce mardi soir, à commencer par la participation très attendue d’Armand Duplantis au concours du saut à la perche. Moins de dix jours après avoir franchi 6,28 mètres chez lui à Stockholm, battant ainsi son record du monde pour la douzième fois, le sauteur suédois se produit à Ostrava pour la quatrième fois de sa carrière.
Et dans un stade à guichets fermés que lui aussi dit beaucoup apprécier en raison de l’ambiance, « une des meilleurs au monde » selon lui, et de la proximité de la piste avec la tribune principale, Armand Duplantis entend bien aller de nouveau très haut dans le ciel tchèque, plus haut en tous les cas que les 6,12 mètres, le record du meeting, qu’il a lui même établi il y a deux ans.
Mais d’autres performances que le public et les organisateurs espèrent de très haut niveau seront scrutées de très près. On pense là au premier 400 mètres de la saison de Femke Bol en clôture du programme peu avant 20h00, au temps de Grant Holloway, champion olympique et triple champion du monde en titre du 110 mètres haies ou encore, toujours pour les épreuves de sprint, à la première apparition sur le sol européen du phénomène australien de précocité Gout Gout (17 ans) sur 200 mètres, sa distance favorite. Une première qui ne sera d’ailleurs pas sans rappeler celle d’Usain Bolt en 2006, sur 200 mètres également, quand il n’était alors encore âgé que de 19 ans.
Et puisque l’on est en Tchéquie, un meeting d’athlétisme ne serait pas tout à fait un meeting d’athlétisme sans deux grands concours de lancer du javelot dont les têtes d’affiche seront l’Indien Neeraj Chopra chez les hommes et la Japonaise Haruka Kitaguchi, championne olympique et du monde en titre, chez les femmes.
L’un comme l’autre ont la particularité de posséder un entraîneur tchèque. Et si l’histoire d’Haruka Kitaguchi, qui vit à Domažlice, petite ville de Bohême du sud-ouest, et s’entraîne à Kladno sous les ordres de David Sekerák depuis près de sept ans, est désormais bien connue des amateurs d’athlétisme, celle en revanche de Neeraj Chopra avec le légendaire Jan Železný l’est, elle, pour l’instant un peu moins. Les deux hommes coopèrent depuis le début de la saison, et le lanceur indien a exprimé, au micro de Radio Prague International, sa joie de travailler au quotidien avec le coach tchèque, lui-même ancien triple champion olympique et toujours recordman du monde :
« Je pense que Jan est un entraîneur qui comprend très bien les athlètes. Il n’a pas besoin d’être strict avec moi car j’aime travailler dur et j’essaie toujours d’en faire un peu plus. Il ne me demande d’ailleurs pas d’extra. Il est pointilleux dans le travail, mais s’il voit que je lance bien en compétiton, il m’explique que je n’ai pas besoin d’en faire de trop à l’entraînement. Il comprend mon corps et son style et c’est un excellent coach pour m’expliquer la technique et la meilleure manière de lancer. J’écoute très attentivement ses conseils et travaille aussi beaucoup sur le concentration. C’est difficile de changer certains points, mais nous y travaillons. À l’entraînement, ça se passe plutôt bien, mais en compétition, je dois encore m’améliorer. Mais j’aime beaucoup Jan. Il était un grand athlète et il est devenu un grand entraîneur. »
Champion olympique à Tokyo en 2021, où il avait devancé sur le podium les Tchèques Jakub Vadlejch et Vítězslav Veselý, deux athlètes passés eux aussi entre les mains de Jan Železný, Neeraj Chopra, champion du monde en titre et rare sportif indien en dehors du cricket mondialement reconnu, est devenu une superstar dans son pays. Mais ce mardi soir, c’est à Ostrava que celui qui s’entraîne désormais l’essentiel du temps à Prague et à Nymburk, petite ville de Bohême centrale, se sentira comme chez lui. Surtout s’il attaque, comme il l'a promis, la limite des 90 mètres...






