Brno dit non au métro

Brno
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Fin juillet, le conseil municipal de Brno a rejeté le projet de métro pour la métropole morave, lui préférant celui d’une ligne ferroviaire souterraine reliant le nord et le sud de l’agglomération. La décision finale revient désormais au ministère des Transports. Elle pourrait être connue au plus tôt à l’automne.

Quitte à choisir, ce sera plutôt une ligne ferroviaire souterraine. C’est la conclusion à laquelle est arrivé le conseil municipal de Brno fin juillet, après analyse d’une étude comparative quant à la faisabilité d’une ligne de transports en commun souterraine entre le nord et le sud de l’agglomération.

Commandée il y a plusieurs années par la ville, l’étude a dressé les avantages et les inconvénients d’un métro, d’une ligne ferroviaire souterraine et d’un tramway souterrain sur plusieurs tracés. Après évaluation des différentes alternatives se présentant à lui, le conseil municipal de Brno a finalement tranché, le 24 juillet, en faveur d’une ligne ferroviaire souterraine au détriment des deux autres.

La gare centrale de Brno | Photo: Michaela Danelová,  iROZHLAS.cz

« Le bénéfice général de toutes les options est la réduction de l’intensité du trafic des passagers dans la partie centrale de Brno. La variante ferroviaire permet d’assurer le service de transport non seulement pour Brno, mais aussi pour une zone métropolitaine plus large. La variante du métro, en tant que système entièrement séparé, a été évaluée comme économiquement inefficace, tandis qu’au contraire, les variantes ferroviaires sont favorisées par la réduction du temps de trajet vers le centre-ville sans nécessité de correspondance », indique la ville sur son site.

Autre élément, et non des moindres, ayant fait pencher la balance en faveur de la ligne ferroviaire : le financement. En choisissant l’option du ferroviaire, la mairie de Brno peut espérer que l’État finance le projet alors qu’elle devrait en assumer la charge si elle faisait le choix du métro, comme c’est le cas à Prague.

Selon les études préparatoires, la ligne ferroviaire souterraine aurait vocation à traverser l’agglomération de Brno du nord au sud, de la ville de Tišnov à la commune de Chrlice, en passant sous le centre-ville historique de la métropole.

Mais avant de voir le jour, le projet doit encore franchir plusieurs étapes. Le conseil municipal de Brno n’est pas le seul à donner son avis sur le projet. Si la région de Moravie du Sud s’est elle aussi positionnée en faveur d’une ligne ferroviaire souterraine, plusieurs autres institutions doivent encore se prononcer, comme l’explique Michal Sedláček de la société Brněnské komunikace :

« La première étape consiste à faire valider les résultats par le comité de pilotage du nœud ferroviaire de Brno, ce qui devrait avoir lieu en septembre. Ensuite, le dossier sera soumis à la commission centrale du ministère des Transports, qui décidera de la suite à donner. Elle pourra soit choisir l’une des options, soit demander à ce qu’une version soit retravaillée. »

La gare Dolní nádraží de Brno | Photo: Ludmila Opltová,  ČRo

Si la construction de la future ligne, quelle que soit l’option retenue, ne commencera pas avant encore de longues années, pour la ville de Brno il reste cependant fondamental de prendre une décision dans les plus brefs délais, alors que le projet de la nouvelle gare centrale se précise. Les premiers travaux de déblaiement autour de Dolní nádraží, où se situera la nouvelle gare, ont d’ores et déjà commencé en préparation du chantier qui débutera dans moins de trois ans. Or, si station souterraine il devait y avoir, celle-ci devrait être intégrée dès maintenant dans les plans.

Pour l’heure, une chose reste certaine : la création d’une ligne souterraine dans la capitale régionale est devenue une nécessité pour la municipalité, alors que les transports en commun en surface aux heures de pointe frôlent la saturation, notamment dans le centre. La ville souffre par ailleurs d’une pénurie de chauffeurs de bus et de trolleybus. En période estivale, la métropole est même contrainte de faire appel à des chauffeurs d’Ostrava pour pallier son manque, tandis que le nombre d’usagers ne cesse de croître. En 2024, la compagnie de transport de la ville de 403 000 habitants a enregistré un nombre record d’usagers depuis la pandémie, avec 372 millions de personnes transportées en un an.