Conciliation travail-famille : le gouvernement aide enfin les parents d’enfants en bas âge

Photo: Tomáš Adamec, ČRo

En République tchèque, avoir des enfants en âge préscolaire et travailler parallèlement n’est pas chose aisée. Depuis plusieurs années déjà, de nombreux parents sont confrontés à la capacité d’accueil insuffisante des crèches et des écoles maternelles publiques. Pour remédier au problème, la Chambre des députés a soutenu, mercredi, le projet de loi devant permettre la création de ce qui est appelé « groupes d’enfants ».

Photo: Tomáš Adamec, ČRo
En exagérant à peine, être accepté dans une école maternelle aujourd’hui en République tchèque est parfois plus compliqué que de l’être dans une école supérieure ou à l’université. Certes, ces chères petites têtes blondes ne sont pas soumises à un concours d’entrée comme cela est le cas pour les bacheliers désireux de poursuivre leurs études, mais à certains endroits, les procédures d’inscription, qui battent leur plein ces jours-ci, s’apparentent à un véritable martyre pour leurs parents. En 2013, près de 60 000 demandes sont ainsi restées insatisfaites.

Selon la législation actuellement en vigueur, les écoles maternelles ne sont tenues d’accueillir les enfants qu’à compter de l’âge de cinq ans, soit pour leur dernière année avant leur entrée dans l’enseignement primaire, l’équivalent de la grande section en France. Les autres enfants en plus bas âge ne sont scolarisés que selon le nombre de places restantes, et ce après sélection par les écoles selon différents critères plus ou moins équitables comme précisément l’âge, la scolarisation dans le même établissement d’un grand frère ou d’une grande sœur, le lieu de résidence ou encore les emplois des parents. Conséquence de quoi, des milliers de familles tchèques dans lesquelles les deux parents travaillent et dont les enfants n’ont pas été acceptés à l’école maternelle la plus proche, doivent se débrouiller pour trouver une solution de dépannage. Si des écoles privées existent bien, elles sont souvent trop chères pour beaucoup. Bref, concilier famille et travail n’est pas simple, et ce d’autant moins que la République tchèque présente un taux d’emploi à temps partiel parmi les plus faibles en Europe.

Michaela Marksová - Tominová, photo: ČTK
Malgré l’ampleur d’un problème qui ne date pas d’hier, les gouvernements qui se sont succédé ont tardé à réagir. Ainsi, le projet de loi favorisant la création de « groupes d’enfants » et adopté mercredi par les députés a été déposé à la Chambre basse il y a déjà six ans de cela. Pourtant, la nouvelle ministre sociale-démocrate du Travail et des Affaires sociales, Michaela Marksová, semble bien consciente de l’urgence :

« La situation des parents qui n’ont pas où placer leurs enfants est véritablement désespérante depuis plusieurs années. Cette mesure est donc un moyen pour les aider, même s’il n’existe pas de solution miracle. Je continue à penser que c’est d’abord dans les écoles maternelles et les crèches publiques que les enfants devraient pouvoir être placés. »

Selon le projet qui va désormais être soumis à l’examen du Sénat, avec l’apparition de ces groupes d’enfants, qui ne pourraient être créés que par les entreprises, les régions, les communes ou autres institutions de ce type, les parents pourraient confier leur progéniture à garder durant leurs journées de travail. Ces groupes, qui pourraient compter un maximum de vingt-quatre enfants, n’auraient pas de but lucratif et seraient uniquement destinés à élargir la palette des services de soins aux enfants, comme le précise la ministre :

Photo: Vlastík Novák, ČRo
« Les conditions de fonctionnement de ces groupes d’enfants, comme par exemple certaines mesures relatives à la sécurité, à l’hygiène, à l’alimentation, à l’espace ou au programme d’éducation, seraient moins contraignantes que celles que doivent respecter les écoles. En revanche, les responsables de ces groupes ne percevraient aucune subvention publique, même si certains avantages fiscaux sont prévus. »

Le principe ne fait cependant pas l’unanimité, ses critiques reprochant aux groupes d’enfants de ne pas préparer suffisamment bien ces derniers à leur futur apprentissage dans le primaire et de ne constituer rien de plus qu’une structure de garderie. Par ailleurs, les personnes qui s’occuperont des enfants, dont les plus petits seront acceptés dès l’âge d’un an, ne seront pas tenues de posséder une formation d’institutrice, comme cela est exigé dans les écoles maternelles.

Pour autant, le projet faisant l’objet d’un large consensus au Parlement, la loi pourrait rapidement entrer en vigueur et être applicable dès la prochaine rentrée scolaire en septembre.