De Charles IV à Masaryk : qui est qui sur les billets de banque tchèques ?

En Tchéquie aussi, comme dans bien d’autres pays, les billets de banque sont bien plus qu’un simple moyen de paiement. Ils reflètent un héritage et relatent une histoire allant des empereurs aux pédagogues, en passant par les écrivains et les anciens présidents. Dans les portefeuilles tchèques, ce sont ainsi les portraits et les récits d’une nation que l’on découvre.

Photo illustrative: Michaela Danelová,  ČRo

Malgré les innovations de l’ère numérique tendant à faire disparaître l’argent liquide, les billets conservent une valeur symbolique forte. Aujourd’hui encore, ils expriment l’identité, l’histoire et le patrimoine de chaque pays.

Récemment, le Royaume-Uni a annoncé qu’il s’apprêtait, pour la première fois depuis plus de cinquante ans, à repenser l’intégralité de sa série de billets de banque, avec la volonté de remplacer des figures historiques par des motifs liés à la nature, à l’architecture ou au cinéma. Cette actualité offre une occasion idéale de se pencher sur les personnages que l’on trouve sur les couronnes tchèques et de se poser cette simple question : qui est qui ?

Le billet de 100 couronnes : Charles IV

Photo: Lenka Žižková,  Radio Prague Int.

Né à Prague en 1316 sous le nom de Venceslas, Charles IV (Karel IV en tchèque) a été élevé à la cour de France avant de devenir roi de Bohême puis empereur du Saint-Empire romain germanique. Un de ses plus grands mérites a été de transformer Prague en un centre politique et culturel. Il a aussi fondé l’université qui porte aujourd’hui son nom, et qui est la plus ancienne en Europe centrale, et a développé l’architecture, l’art et l’usage diplomatique de la langue tchèque. Charles a également œuvré au développement économique, législatif et culturel des Pays tchèques, et promulgué la célèbre Bulle d’or de 1356, un code juridique qui a donné sa forme définitive au Saint-Empire en tant qu’institution. Charles IV est considéré – ni plus ni moins – comme le « plus grand Tchèque de l’histoire ».

Le billet de 200 couronnes : Jan Amos Komenský (Comenius)

Photo: Barbora Němcová,  Radio Prague Int.

Jan Amos Komenský, ou Comenius, est un théologien, éducateur et réformateur né en Moravie en 1592. Surnommé « le maître des nations », il a été persécuté pour sa foi protestante et a vécu en exil dans plusieurs pays européens. Il a développé une pédagogie moderne fondée sur la paix, la coopération et l’accès universel au savoir. Ses écrits et sa vision humaniste ont précédé les idées de fraternité mondiale.

Le billet de 500 couronnes : Božena Němcová

Božena Němcová, née Barbora Panklová en 1820, est l’écrivaine tchèque la plus importante du XIXe siècle. Son œuvre, profondément influencée par le folklore et la vie rurale, comprend des contes, des légendes et son roman phare, « Grand-mère », qui idéalise la vie paysanne. Sa vie a été marquée par de nombreuses difficultés personnelles, et elle est morte à Prague en 1862.

Photo: Lenka Žižková,  Radio Prague Int.

Le billet de 1 000 couronnes : František Palacký

Photo: ČT24

Historien et homme politique né en 1798, František Palacký est une figure clé de la Renaissance nationale tchèque. Sous le règne des Habsbourg, il a œuvré à un retour de l’usage de la langue tchèque aux dépens de l’allemand et a fondé plusieurs institutions culturelles et politiques. Son nom est aujourd’hui considéré comme un synonyme du patriotisme tchèque.

Le billet de 2 000 couronnes : Ema Destinnová

Photo: Miloslav Hamřík,  Pixabay,  Pixabay License

Ema Destinnová, née Emilie Kittlová en 1878, a été l’une des sopranos les plus célèbres de son époque. Elle a triomphé sur les grandes scènes de Berlin, Paris, Londres et New York, chantant aux côtés de Caruso et popularisant certaines des plus grandes œuvres tchèques, comme « La Fiancée vendue ». Son engagement pour la cause nationale tchèque pendant la Première Guerre mondiale a entraîné une interruption de sa carrière. Elle est morte en 1930, année où son héritage artistique et patriotique a été pleinement reconnu.

Le billet de 5 000 couronnes : Tomáš Garrigue Masaryk

Photo: vjkombajn,  Pixabay,  Pixabay License

Philosophe, sociologue et, surtout, président de la Première République tchécoslovaque, fondée sur les cendres de la Première Guerre mondiale, Tomáš Garrigue Masaryk, né en 1850, a été un grand promoteur de la culture et des sciences nationales. Défenseur de l’autonomie tchèque, il est devenu président en 1918 et a ensuite été réélu plusieurs fois jusqu’à son retrait de la scène politique en 1935. Son héritage humaniste et démocratique reste fondamental dans le fonctionnement de la Tchéquie contemporaine.

Auteurs: Juan Carlos Ferradans , Agathe Georget
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