Décès de Vladimír Válek, à la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio tchèque pendant vingt-six ans
Baguette historique de l’Orchestre symphonique de la Radio tchèque (SOČR) dont il a été chef et directeur musical de 1985 à 2011, Vladimír Válek est décédé le 16 février à l’âge de 89 ans.
« Ce grand chef a eu une influence majeure sur le développement artistique de notre orchestre. Il a donné dirigé son dernier concert avec nous en 2017 », a rappelé l’Orchestre symphonique de la Radio tchèque sur son site.
Originaire du petit village de Rybí, en Moravie-Silésie, Vladimír Válek a d’abord étudié le trombone et l’alto au conservatoire de Kroměříž, puis la direction d’orchestre à Bratislava et à Prague. Au cours de sa carrière, il a travaillé avec des orchestres et ensembles prestigieux, parmi lesquels l’Orchestre symphonique d’Osaka, au Japon.
Mais c’est essentiellement en compagnie de l’Orchestre symphonique de la Radio tchèque que Vladimír Válek a sublimé la musique symphonique des XIXe et XXe siècle sont il était le fin spécialiste.
Le compositeur et journaliste Lukáš Hurník lui a rendu hommage par ces propos : « Vladimír Válek était un chef d’orchestre polyvalent. Dans certains domaines, cependant, il dépassait ce que nous considérons comme universel : c’était un maître de la technique de direction d’orchestre. Tout le monde apprenait de lui, jeunes et moins jeunes. Étant lui-même musicien, il savait parfaitement ce dont l’orchestre avait besoin de la part de son chef. Et il était capable de le montrer uniquement par ses gestes, sans avoir à parler. »
Tromboniste passionné, amateur de swing et de folklore morave, Vladimír Válek a lui-même remarqué dans un entretien : « Je suis un instrumentiste, depuis l’époque où j’ai dirigé la fanfare fondée par mon père. (…) Je ne peux pas imaginer me retrouver devant un orchestre sans connaître parfaitement l’œuvre et la technique. (…) Quand je répétais avec des orchestres la 5ème symphonie de Beethoven, où les trombones ne jouent qu’à la fin, je commençais les répétitions justement par cette partie finale. Les musiciens étaient quelque peu surpris, à l’exception des trombonistes. Eux, ils ont tout de suite compris qu’ils n’allaient pas s’ennuyer avec moi. »
L’imposante discographie de Vladimír Válek propose notamment des intégrales des symphonies de Dvořák, Martinů et Tchaïkovski enregistrés pour Supraphon. Pour cette émission, nous avons choisi un extrait la Symphonie N°5 d’Antonín Dvořák enregistrée en octobre 1993 à la Maison municipale de Prague, avec, bien évidemment, l’Orchestre symphonique de la Radio tchèque.






