Dezider Hlaváč – un Tchèque champion de boxe thaï

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Malgré sa petite taille, le boxeur rom Dezider Hlaváč, trente huit ans, est un adversaire redoutable. Pendant près de dix ans il a pratiqué la boxe anglaise en professionnel, puis il s’est lancé dans le kick-boxing - lowkick, discipline dans laquelle il a représenté la République tchèque. En 2001 il est devenu à Bangkok champion du monde de boxe thaï. Il a gagné plus de 120 médailles, surtout en boxe anglaise, en Allemagne, Ukraine, Hongrie, Turquie, Pologne, Pays-Bas, en Suisse et en Italie. Une médaille d’argent en kick-boxing au Championnat d’Europe au Pays-Bas en 2002 et la première place en boxe thaï gagnée à Bonn s’ajoutent à son palmarès. Le champion n’a jamais été mis K.O.

Dezider Hlaváč, photo: Petr Axmann
Dezider Hlaváč a eu une enfance triste dépourvue de tendresse et des joies simples des enfants grandissants dans une famille unie. Il a passé son enfance dans un foyer et où il a commencé à s’intéresser aux sports de combat. Il raconte :

« J’ai grandi dans foyer d’enfants depuis 1973 sous le régime totalitaire où j’ai fait un apprentissage de peintre-vernisseur de trois ans. Mais au foyer les conditions étaient très dures. Je recevais des gifles et des coups, c’était terrible. Lorsque je recevais une note du maître dans mon livret scolaire, on me battait. Je me suis donc habitué à la douleur, je devenais agressif et les sports de combat me plaisaient. A l’âge de quinze ans j’ai commencé à m’entraîner comme cadet au club Rudá Hvězda (Etoile rouge) Karlovy Vary. »

Au sein de la Ligue de boxe à Karlovy Vary, Dezider a suivi des entraînements sous la conduite d’excellents entraîneurs. Il avait du talent et les succès ne tardèrent pas à arriver. Pendant un moment il s’est entraîné tout seul et a réussi à amélioré son style. Puis il est entré dans le club de boxe d’Ústí nad Labem où il s’est entraîné sous la direction de Bohouš Němeček qui l’a préparé au Championnat de Tchécoslovaquie. Après avoir terminé son service militaire 1990, il est entré au club VTJ Kometa Brno où il est resté pendant deux ans, puis il est passé au kick-boxing. Dezider Hlaváč parle des ses débuts dans cette discipline :

« Cette discipline est un jeu des jambes et du corps entier. Au retour du service militaire j’avais un bon travail, de l’argent et je me suis donc décidé à faire de la boxe thaï. En 2000 je suis parti à Bangkok où j’ai boxé pour le Siam’s club 60 qui est l’un des plus important du monde. Je suis resté au sein de ce club pendant six mois et j’ai appris le style de la boxe thaï – le muaythaï. Mon avantage était que je savais parfaitement boxer. En Thaïlande la boxe thaïlandaise est un sport national. Il y avait 300 000 candidats et je ne pensais pas que je serai capable de remporter le titre de champion. Mais j’ai réussi et il faut dire qu’en 25 ans, personne n’a réussi à piquer le titre de champion aux Thaïlandais. Je suis donc champion de la Thaïlande, ici on dit Champion du monde, mais le titre juste est champion de Thaïlande.»

En Thaïlande la boxe thaï est un sport national et les médailles ne sont pas autorisées. D’ailleurs le championnat s’appelle la Coupe de Siam et est considéré comme une ligue. En République tchèque cette nouvelle méthode de combat n’est pas très populaire, mais on utilise les gants rembourrés et il y a des règles. En Thaïlande il n’y pas vraiment de règles, les coups sont plus durs, la technique de coups de pieds plus sophistiquée et on fait des paris ce qui également n’existe pas en République tchèque.

Après son retour en République tchèque en 2002, Dezider était obligé de suivre un traitement pour soigner une maladie qu’il a contracté en Thaïlande et ne pouvait donc pas s’entraîner. En 2003 il a repris les entraînements et s’est concentré sur le kick-boxing, spécialisation lowkick. Le lowkick est le style le plus dur des disciplines du kick-boxing et consiste en trois rounds avec pauses de deux minutes. Le contact doit être technique et dur. Le lowkicker frappe avec les genoux, coudes et utilise aussi d’autres techniques. Dezider Hlaváč a participé à plusieurs Coupes nationales, dont la Coupe morave à Olomouc, où il était deuxième en kick-boxing au lowkick. Puis il a gagné la deuxième place de la Coupe de Most. Dezider Hlaváč parle des ses expériences professionnelles.

« Le kick-boxing n’était pas vraiment mon style et je faisais des petites fautes techniques qui m’empêchaient de gagner la première place. A cause de ma technique qui n’était pas excellente, le jury ne m’a pas donné la première place. La troisième médaille que j’ai remportée est celle de la Coupe national à Zubří, un petit tournoi ouvert où ils y avaient beaucoup de représentants de l’étranger. J’étais troisième, qualifié en full contact, lay contact et kick-boxing au lowkick. J’ai battu l’Ukrainien Koroutchenko et ainsi j’ai obtenu la troisième place pour la République tchèque. La dernière coupe est de Pilsen en lowkick, deuxième place. Je préfère me concentrer sur le Kick-boxing car cette technique me convient et elle est beaucoup plus populaire que la boxe thaï. »

Depuis six ans Dezider ne boxe plus en professionnel mais il aimerait revenir sur le ring au sein de la représentation tchèque, mais il n’a pas les moyens et cherche un sponsor. Est-ce que c’est possible de revenir à trente huit ans?

Dezider Hlaváč, photo: Petr Axmann
« Oui, car je n’ai pas de problème sur le plan physique je suis en forme, mais le problème c’est que je n’ai pas de sponsor et je n’ai pas les moyens de m’autofinancer. L’association des boxeurs m’a autorisé à boxer individuellement, donc je ne suis pas obligé d’être dans un club. Si je trouve un sponsor je vais essayer d’avoir les meilleures performances. Je suis même prêt à porter le logo du sponsor et reste ouvert à toutes propositions. »

L’événement le plus proche auquel il aimerait se présenter est le Czech Open Cup, qui aura lieu le 8 septembre 2009. Il s’agit d’un nouveau style de combat ouvert, en somme c’est la boxe thaï aux règles modérées.

Dezider Hlaváč n’a pas peur de l’extrémisme croissant en République tchèque. Comme il dit lui-même, il est en forme et saurait se défendre, ce qu’il a d’ailleurs prouvé lorsqu’il s’est fait agressé par des skinheads qui se sont sortis plutôt mal de l’attaque.

Photos : Petr Axmann