Face au chômage, le gouvernement veut développer les services à domicile

Photo: Vasyl Tsitsey

Près de 630 000 personnes étaient sans emploi à la fin du mois de janvier. Avec un taux de 8,6%, le chômage en République tchèque a atteint un nouveau record. Pour remédier à cette situation, le gouvernement de Bohuslav Sobotka a inclus dans sa politique active de l’emploi l’objectif de développer les services à domicile ou à la personne. Selon les estimations, plus de 5 000 emplois pourraient ainsi être créés dans ce secteur.

Photo: Vasyl Tsitsey
Non seulement, le taux de chômage a grimpé à un taux record, mais le nombre de postes vacants s’est réduit à quelque 36 000. En moyenne, cela veut donc dire qu’il existe une offre d’emploi pour dix-sept personnes. Parmi les groupes les plus menacés par le chômage se trouvent, sans surprise, les jeunes peu ou pas qualifiés et les personnes âgées de plus de 55 ans. C’est une des raisons pour lesquelles le nouveau gouvernement dirigé par le social-démocrate Bohuslav Sobotka veut investir, dès cette année, plus de 3 milliards de couronnes (111 millions d’euros) dans sa politique active de l’emploi. Une politique dont les trois priorités sont les suivantes : augmenter le volume des travaux d’utilité publique, le nombre de contrats à temps partiel et développer les services à domicile. Ces services, qui constituent un secteur prometteur selon le Premier ministre, devraient bénéficier du soutien du gouvernement après la réalisation des études d’impact. Le Premier ministre explique :

Bohuslav Sobotka,  photo: ČTK
« Les projets de la mise en place des services à domicile et des requalifications nécessaires pour embaucher les personnes actuellement au chômage seront soumis à des programmes pilotes dans certaines régions. Ils seront par la suite réalisés en coopération avec les employés des bureaux du travail qui savent le mieux quels sont les procédés les plus efficaces. »

Un projet de ce type a déjà été testé en Moravie du Sud et l’expérience s’est avérée très positive, comme l’évoque la porte-parole du Bureau central du travail, Kateřina Beránková :

Kateřina Beránková,  photo: MPSV
« Cette idée a été mise en place pour la première fois par trois bureaux de travail à Znojmo, Hodonín et Vyškov en 2005 et 2006. Cela s’est fait en collaboration avec le ministère du Travail et une entreprise privée. Le projet était conçu comme une prévention contre le chômage de longue durée grâce aux travaux ponctuels. Cela a été un succès, car 164 personnes ont trouvé un emploi. »

Le contenu de ces services à domicile est très varié. Il peut s’agir d’une aide pour les tâches ménagères, le repassage, la cuisine, le jardinage, les courses ou la garde des enfants. En élaborant son plan d’action dans ce domaine, le ministère du Travail et des Affaires sociales tiendra compte également des expériences le plus souvent bien plus développées à l’étranger. En France, par exemple, 330 000 personnes ont trouvé un emploi dans le secteur de l’aide à domicile et de l’aide à la personne. En Belgique, il s’agit de 100 000 personnes, et ces secteurs sont voués à croître, en raison notamment du vieillissement de la population. Kateřina Beránková parle du développement progressif de ces services avec le soutien public en République tchèque :

« Si nous arrivons à lancer ce projet, il s’agira d’abord d’un programme pilote dans quelques régions afin d’étudier ses paramètres avant d’en faire un instrument au niveau national. Il faut dire que cette idée est ouverte à plusieurs variantes. »

Photo: Archives de Radio Prague
Quant aux contours concrets du projet, le modèle belge pourrait constituer une source d’inspiration. Par le biais d’une agence, l’Etat participerait à la rémunération des employés, ce qui permettrait aux ménages contractant ce type de services de les obtenir à un prix inférieur à celui du marché. En versant une partie de la somme, l’Etat pourrait même réduire le travail au noir. Les demandeurs de services verseraient de 60 à 70 couronnes (2,5 euros) par heure, tandis que le travailleur percevrait 100 couronnes (3,70 euros), en liquide ou sous forme de coupons.

Un plan d’action de lutte contre le chômage incluant ce dispositif des services à domicile sera présenté prochainement par la ministre du Travail et des Affaires sociales, Michaela Marksová Tominová.