Faire du sport égale s'amuser

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Ça y est, les JO de Sydney ont commencé... Ces Echos de RP seront donc tout à fait sportifs. Mais attention, pour les gens que je vais vous présenter, le mot sport ne veut pas dire la gloire, l'argent, l'épuisement total et la chasse au résultat meilleur, mais le repos, la distraction, le remède aux problèmes quotidiens et, surtout, l'amitié.

Je vous invite, tout d'abord, dans un centre de natation, dans le quartier pragois de Hloubetin. Si les femmes d'aujourd'hui peuvent faire de l'haltérophilie, de la boxe, du football, si elles peuvent montrer leurs muscles, pourquoi les hommes ne pourraient pas montrer leurs jambes et pratiquer, mettons... de la natation synchronisée ? Voilà ce qui est venu à l'esprit, il y a deux ans, de l'actuel président du premier club de nageurs synchronisés tchèques, Martin Kopecky. En effet, c'est un club de nageurs et pas de nageuses, bien que cette discipline élégante ne soit officiellement ouverte qu'aux femmes. Je vous rappelle ce que j'avais dit au début, nous ne parlons pas d'ambitions, mais d'amusement... En peu de temps, Martin Kopecky a réussi à réunir quelques copains, aussi aventureux que lui. A présent, ils sont neuf. Une ancienne nageuse, dont ils sont tous un peu amoureux, les entraîne. Les messieurs de 25 à 56 ans, certains un peu ventrus, habillés dans le style des années 20 en maillots rayés, font leur "ballet aquatique" chaque dimanche. A la piscine, mais aussi, par exemple, dans la rivière pragoise Vltava, au son de la célèbre composition de Bedrich Smetana du même nom. Chacun de ces enthousiastes a, bien sûr, son métier : commandant des sapeurs-pompiers, médecin, peintre, informaticien, cuisinier, photographe, vendeur, commerçant et manager. Dans l'eau, leurs professions ne se manifestent pas, à l'exception du chef des pompiers, qui a, paraît-il, tendance à diriger un peu les autres... Après l'entraînement épuisant, car, comme ils disent, arriver à maintenir cent kilos au-dessus de l'eau n'est pas toujours évident, ils enlèvent des pince-nez et s'accordent tous une ou deux bières dans un de leurs bistros préférés. Qui sont, d'ailleurs, assez nombreux.

Actuellement, les nageurs - amateurs se trouvent à Sydney. Ils ne peuvent pas, évidemment, participer aux épreuves, mais espèrent au moins faire quelques présentations de leur spectacle de cinq minutes. Bien que soutenus par le Comité olympique tchèque, ils devaient, eux-mêmes, ramasser de l'argent pour pouvoir savourer l'atmosphère olympique sur place. Ils vont sûrement amuser l'élite sportive avec leur philosophie : Il est drôle, disent-ils, de commencer là, où des nageuses professionnelles terminent leur carrière, au moment où le corps vieillit, n'est-ce pas ?

Changeons maintenant de discipline... Saviez-vous qu'en Tchéquie, aussi, on faisait de la pétanque ? En effet, il n'y a pas que des pépés du Midi de la France qui sont tombés amoureux de ce jeu de boules amusant. Impossible, certes, de comparer des masses de joueurs français à quelques milliers seulement de leurs collègues tchèques. "C'est un hobby pour toute la vie", voilà ce qui plaît aux membres de l'un de nombreux petits clubs de joueurs de pétanque en Tchéquie, appelé PePeK. Ils se rencontrent sur un terrain de jeu, près du château de Perstejn, en Moravie du sud. Et ailleurs, bien sûr. Chaque week-end, du printemps jusqu'à l'automne, des tournois sont organisés un peu partout dans le pays, en général dans des lieux pittoresques et romantiques : près du château de Troja, à Prague, dans le parc du château de Slavkov, au sud de la Moravie, à Orlova, dans les montagnes Orlicke hory etc. Les règles françaises sont évidemment observées, sinon, la pétanque est jouée dans une atmosphère typiquement tchèque... On boit de la bière, on rigole, on dit "kosonek" au lieu de "cochonnet" et certains demandent même l'introduction du mot "petank" dans la langue tchèque... pour ne pas être toujours obligés de chercher le "q" sur le clavier, tout simplement. Car, n'oublions pas que les joueurs tchèques ont aussi leurs pages web qui servent, entre autres, de moyen de communication entre les clubs de tous les coins du pays. En les regardant vous pouvez apprendre, par exemple, que les Tchèques viennent de prendre part au VII Championnat du Monde à Pétanque Féminin, tenu, début septembre, à Hyères. Elles ne l'ont pas gagné, mais, on le sait tous, c'est la participation qui compte, et pas la victoire. Dans le sport, comme dans la vie, n'est-ce pas ?

Auteur: Magdalena Segertová
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