Handball : les Tchèques abordent le Mondial et la France sans certitudes

Allemagne - République tchèque, photo: ČTK

Handball avec le Mondial au Qatar qui se profile et la perspective du premier match contre la France vendredi, et sports d’hiver avec plein de succès tchèques en patinage de vitesse et en biathlon notamment, figurent au sommaire de cette nouvelle rubrique sportive.

Allemagne - République tchèque, photo: ČTK
Qualifiée pour le championnat du monde de handball pour la première fois depuis 2007, la République tchèque ne partira pas au Qatar, théâtre du tournoi, en milieu de semaine dans les meilleures dispositions. La Reprezentace, qui affrontera la France pour son premier match de poule au Mondial vendredi, a été nettement battue en effet à deux reprises par l’Allemagne lors de ses deux derniers matchs de préparation, d’abord vendredi à Stuttgart (24-32), puis samedi à Mannheim (22-27).

L’euphorie de juin dernier, qui avait fait suite à la qualification quasi-miraculeuse contre la Serbie en barrages, semble bien s’être envolée. A l’époque, après une défaite de huit buts (15-23) concédée en Serbie au match aller, les Tchèques étaient parvenus à renverser la vapeur au retour chez eux à Brno en punissant les Serbes (33-21) (http://www.radio.cz/fr/rubrique/sport/handball). Mais depuis, les choses se sont compliquées. Fin octobre d’abord, les Tchèques, privés il est vrai de plusieurs joueurs cadres blessés, ont subi une cuisante défaite en France (25-41) lors du premier match de groupe comptant pour les éliminatoires du championnat d’Europe 2016. Et quelques jours plus tard, malgré une avance de sept buts en deuxième mi-temps et le soutien de leur public, ils n’avaient pu faire mieux qu’un résultat nul (27-27) contre la Macédoine. Autant dire que l’état de forme est loin d’être à son meilleur niveau, comme l’a donc encore démontré la répétition générale en Allemagne ce week-end. Dans les deux cas, après une première mi-temps équilibrée, les Tchèques se sont effondrés en deuxième période pour laisser leur adversaire prendre le large au score, comme le regrettait leur capitaine et meilleur joueur de ces dernières années Filip Jícha :

Filip Jícha, photo: ČTK
« Nous devons parvenir à être plus constants et à garder le même niveau de jeu. L’erreur serait de vouloir aller plus vite que la musique. Nous avons une équipe relativement jeune qui souffre encore d’un manque d’expérience, il faut donc que nous avancions pas à pas. Nous allons au Mondial avec l’ambition de jouer crânement notre chance et de vendre chèrement notre peau. Et pour cela, il faudra d’abord que nous jouions avec le cœur. »

Du cœur, et pas seulement, il en faudra aux Tchèques pour envisager de sortir de leur groupe au Mondial. Outre la France, championne olympique et d’Europe en titre, pour son entrée en matière dans la compétition, la République tchèque croisera la route également de la Suède, l’Egypte, l’Islande et l’Algérie. Les quatrièmes premières équipes seront qualifiées.

Nous reviendrons cette semaine plus en détail sur la participation tchèque au Mondial de handball avec le manager de l’équipe nationale, un ancien joueur bien connu du public français et notamment de celui de Chambéry, où il a évolué pendant dix ans : Karel Nocar.

Ski-glace : la moisson de succès se poursuit en patinage de vitesse et en biathlon

Martina Sáblíková, photo: Bjarte Hetland, CC BY-SA 3.0
Martina Sáblíková a décroché la médaille d’argent aux championnats d’Europe de patinage de vitesse toutes distances, disputés ces samedi et dimanche à Tcheliabinsk (Russie). Au classement final, la Tchèque, triple championne olympique, a été devancée par la Néerlandaise Ireen Wüst, sacrée pour la troisième année consécutive. Lors des compétitions toutes distances (aussi appelées combiné), quatre épreuves (500 m, 1 500 m, 3 000 m et 5 000 m) sont disputées en l’espace de deux jours, à l’issue desquelles un classement général est établi sur la base des temps réalisés lors de chaque course. Deuxième à l’issue de la première journée samedi, la Tchèque, spécialiste des longues distances et déjà détentrice de quatre médailles d’or de championne d’Europe, est parvenue à monter sur la deuxième marche du podium grâce à ses victoires dans les 3 000 et 5 000 mètres.

Veronika Vítková, photo: ČTK
Le biathlon tchèque, sport bénéficiant d’un important intérêt des médias et du public depuis les médailles aux derniers Jeux olympiques de Sotchi, vit décidément des heures fastes. Cette fois, c’est Veronika Vítková qui s’est illustrée tout au long de la semaine écoulée à Oberhof (Allemagne). Après avoir remporté le sprint vendredi et le relais mercredi avec l’équipe féminine de République tchèque, Veronika Vítková s’est classée deuxième de la mass start (12,5 km) comptant pour la Coupe du monde dimanche. La Tchèque a terminé avec 14’’9 de retard sur la Biélorusse Darya Domracheva. Celle-ci a signé sa troisième victoire de la saison. Et chez les hommes, Michal Šlesingr s’est classé 5e du 15 kilomètres remporté par l’inévitable Français Martin Fourcade.

Ski de fond : les 50 kilomètres des Monts Jizera ont de nouveau bluffé leurs milliers de participants

Photo: ČTK
Le fondeur norvégien Morden Eide Pedersen a remporté la 47e édition de la Jizerská padesátka (les 50 kilomètres des Monts Jizera) disputée dimanche à Bedřichov, en Bohême du Nord. Vainqueur pour la première fois de sa carrière, Morden Eide Pedersen s’est imposé en 1h46’29’’ au terme d’une course disputée en style classique dont le parcours a été raccourci de cinq kilomètres en raison du dégel. Le meilleur Tchèque, Stanislav Řezáč, a terminé septième avec un peu plus d’une minute de retard sur le vainqueur. Chez les femmes, l’Autrichienne d’origine tchèque Kateřina Smutná a gagné en 2h06’34’’. Comme de tradition, plusieurs milliers de concurrents ont pris le départ d’une course qui, au même titre par exemple que la Transjurassienne en France, fait partie de la FIS Marathon Cup organisée par la Worldloppet, fédération internationale des courses longues distances en ski de fond. Il y a deux ans de cela, Radio Prague avait rencontré un groupe de Français ayant participé aux 50 kilomètres des Monts Jizera. Parmi eux figuraient cinq membres du même club, l’US Autrans, dans le Vercors. A l’époque, Christophe Bertrand et Wilfrid Valette nous avaient donné leur sentiment sur la course de fond la plus populaire en République tchèque :

Morden Eide Pedersen, photo: ČTK
CB : « La course est assez réputée et recherchée. C’est une des rares courses qui fait le plein de ses participants avant la fin. Les près de 5 000 participants sont inscrits un mois avant la course, ce qui n’est quand même pas très fréquent. On savait qu’il y avait une bonne ambiance. Par contre, pour ce qui est du relief, personnellement je n’en avais aucune idée. Il y a donc le plaisir de la découverte et de venir dans un pays d’Europe centrale où on sait que le ski de fond est très suivi et apprécié. J’avais entendu parler de l’ambiance, mais j’ai été bluffé par les paysages. Bon, c’est vrai que tout est beau sous la neige, mais là tout particulièrement. »

Cette année pour vous, c’était la République tchèque et ces 50 kilomètres des Monts Jizerské. Vous êtes un peu comme des marathoniens qui chaque année choisissent une ville ou un pays et une course différentes, mais qu’est-ce qui selon vous fait la particularité de cette course tchèque par rapport aux autres auxquelles vous avez participé dans d’autres pays ?

Stanislav Řezáč, photo: ČTK
WV : « Il y a d’abord ce côté Europe centrale, où on sait qu’ils sont fans de classique et que les pistes sont bien préparées. Et c’est le cas, car sur des chemins qui ne sont pas très larges au départ, faire engouffrer 5 000 personnes est une belle organisation dans un champ qui n’est pas immense au départ. Le relief se prête aussi au classique. Après, nous, nous sommes toujours un peu surpris parce que nous avons des montagnes qui sont un peu plus accidentées. Il y a donc un peu moins de relief ici, ce qui veut dire plus de poussée… c’est la poussée simultanée ou double poussée comme on l’appelle dans le style classique.
Kateřina Smutná, photo: ČTK
Il y a aussi des neiges froides aussi, ce qu’on apprécie tout particulièrement parce que nous n’en avons pas souvent chez nous, où ça change souvent. Ici, la neige reste stable et c’est agréable pour le classique. C’est même indispensable parce que ça évite de changer le fartage sans arrêt. C’est peut-être aussi pour ça qu’on perd un peu cette technique en France. Dès qu’on va dans le nord, on sait que la neige restera plus stable toute la journée et on se fait plaisir avec le même farte. »