Il y a 40 ans, le plus fort séisme de l’histoire moderne du territoire tchèque avait lieu

Jan Zedník, directeur du service sismique de l'Institut de géophysique de l'Académie des sciences, présente sur une maquette des stations sismiques en République tchèque le tremblement de terre qui a frappé l'ouest de la Bohême en 1985

Quand on entend parler d’un tremblement de terre, on pense plus souvent au Japon ou à la Californie qu’à l’Europe centrale. Néanmoins, en décembre 1985, le plus fort séisme de l’histoire moderne secouait l’ouest de la Tchécoslovaquie, rappelant que l’activité sismique ne connaît pas de frontières.

Si le territoire tchèque ne se trouve pas à la jonction de grandes plaques tectoniques, sa croûte terrestre n’est pas totalement stable. Des tensions peuvent s’accumuler et, parfois, se libérer sous forme de secousses. La zone la plus active en la matière est le bassin de Cheb, à l’ouest de la Bohême, juste à la frontière allemande. C’est là que se manifestent des essaims sismiques, des séries de secousses mineures qui peuvent durer plusieurs semaines.

Le bassin de Cheb | Photo: Lubor Ferenc,  Wikimedia Commons,  CC BY-SA 4.0

Le tremblement de terre de 1985

Fissures sur l'église causées par le tremblement de terre de décembre 1985 dans le village de Nový Kostel | Photo: Maria Hammerich-Maier,  Radio Prague Int.

Le 21 décembre 1985, juste avant Noël, l’activité sismique atteint son apogée en Bohême de l’Ouest. A 11 h 16, un séisme frappe la région, avec un épicentre situé près du village de Nový Kostel, à une profondeur de 8 km. Il atteint une magnitude de 4,6 sur l’échelle de Richter, ce qui en fait le plus fort tremblement de terre enregistré dans l’histoire moderne des pays tchèques.

Jusqu’à 20 km de l’épicentre, des maisons voient leurs murs se fissurer, leur crépi et leurs tuiles tomber, et même certaines cheminées s’écrouler. Certaines sources se retrouvent asséchées tandis que les sources d’eau minérale de Františkové Lázně voient leur débit diminué. Même s’il s’agissait d’une secousse relativement faible à l’échelle mondiale, les habitants sont pris au dépourvu : certains s’en vont chez des proches, d’autres dorment sous la tente en dépit du froid hivernal.

Station sismique provisoire à Vackov près de Cheb,  créée par les employés de l'Institut de géophysique de l'Académie des sciences en décembre 1985 | Photo: Institut de géophysique de l'Académie des sciences

L’activité sismique continue les jours suivants, mais aucun autre séisme n’atteint la magnitude de celui du 21 décembre. Les spécialistes estiment que la magnitude maximale sur le territoire tchèque pourrait être d’environ 5,5 sur l’échelle de Richter, et des découvertes géologiques indiquent que des secousses allant jusqu’à 6,5 sur l’échelle de Richter ont pu se produire au cours des 20 000 dernières années.

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