Interdiction de fumer aussi dans les restaurants et cafés tchèques ?

Foto: Štěpánka Budková

A partir du 1er janvier 2008, la France mais aussi la Bavière se sont jointes aux pays qui interdisent de fumer dans les restaurants, les cafés et autres établissements de restauration. Ce n’est pas encore le cas en Tchéquie, mais les députés viennent de faire un premier pas dans ce sens.

La décision prise par la Bavière, d’interdir de fumer dans les restaurants et cafés de ce Land allemand à partir du 1er janvier dernier, avait fait la joie des propriétaires tchèques de restaurants et cafés proches de la frontière. En effet, les fumeurs bavarois qui ne voulaient pas abandonner leur vice, ont vite pris l’habitude de traverser la frontière qui n’en était plus une depuis l’entrée de la Tchéquie dans l’espace Schengen, pour venir savourer une bonne bière et une cigarette chez le voisin. En plus de cela, ils font des économies puisque les cigarettes surtout sont beaucoup moins chères en Tchéquie qu’en Allemagne, même si la taxe à la consommation sur les produits du tabac augmente et se rapproche peu à peu de la moyenne européenne.

Peut-être que la décision prise mercredi par la Commission de la santé de la Chambre des députés tchèques va leur faire l’effet d’une douche froide. En effet, les députés de cette commission, à l’issue de la discussion sur l’amendement à la loi concernant la protection de la santé contre les effets nocifs du tabac, ont choisi la solution la plus stricte : dans le cas de l’adoption de l’amendement par les deux chambres du Parlement et sa signature par le président de la République, il serait interdit de fumer dans les tous les cafés, les restaurants et établissements du même genre en Tchéquie.

A ce propos, le commentateur du quotidien Lidove noviny, Martin Zverina, écrit que même si cela ne plaît pas aux libéraux, il faut se rendre à l’évidence : les fumeurs nuisent à leur entourage et à l’environnement, ce qui n’est pas compensé même par leur apport au Trésor public par le biais d’une forte imposition à la consommation des produits du tabac. Le ministère des Finances vient d’ailleurs de constater avec joie que l’impôt sur la cigarette a rapporté beaucoup plus que prévu en 2007. Mais n’oublions pas non plus que les fumeurs sont aussi de gros consommateurs des moyens financiers de la sécurité sociale.

Le président de la Commission, l’ancien ministre social-démocrate de la Santé, David Rath, a présenté une proposition intéressante : interdire certes, mais permettre aussi des fumeries où les fumeurs ne pourraient nuire qu’à eux-mêmes. Pourquoi ? Parce qu’ils se retrouveraient en marge de la société et deviendraient l’objet de la réprobation totale de la majorité des citoyens qui ne tolèreraient plus du tout la cigarette dans les endroits où la loi l’interdit déjà. En effet, aujourd’hui, il est interdit de fumer dans les gares ou les arrêts d’autobus ou les lieux publics, mais la loi est très souvent violée sous l’œil indifférent de « monsieur tout le monde ». Il y aurait aussi de moins en moins de députés ou sénateurs qui seraient prêts à prêter oreille aux arguments du lobby de l’industrie du tabac.