Karlovy Vary : « La compétition officielle est un tremplin pour un film tchèque à l’international »
La 60e édition du festival international du film de Karlovy Vary, qui marque également les 80 ans de sa création, se déroulera du 3 au 11 juillet.
Près de quarante films au programme principal, dont les premières mondiales auront lieu dans la ville thermale au début du mois de juillet, avec une diversité géographique exceptionnelle.
La présence inédite du Myanmar et de la Colombie dans la compétition officielle fait écho, soixante ans plus tard, à la décision visionnaire de l’un des fondateurs du festival et longtemps responsable de sa programmation, A. M. Brousil, qui avait choisi de mettre en lumière les cinématographies extra-européennes encore largement méconnues à l’époque.
Le programme principal de cette édition doublement anniversaire du Festival international du film de Karlovy Vary sera également riche en productions tchèques. La compétition officielle accueillera notamment la première de la tragicomédie Chica Checa, quatrième long métrage du réalisateur et scénariste Šimon Holý.
« On a la chance d’avoir ce film en compétition officielle cette année, qui est une coproduction française. C’est la première fois que Šimon Holý, le réalisateur, réalise un film en coproduction internationale. Nous avons présenté ses deux premiers films et nous sommes très heureux de voir comment il s’est développé comme réalisateur. Son style est beaucoup plus complexe. Il est capable de produire une émotion très forte », indique au micro de RPI le directeur artistique du festival Karel Och.
« Naturellement, il est aidé par un couple d’acteurs tchèques, Pavla Tomicová et Jan Cina, qui sont extraordinaires, dans un film qui parle de la relation entre une mère et son fils. Ils retournent à la maison après une absence et doivent réfléchir à la manière de passer du temps ensemble, parce qu’ils n’en ont pas eu beaucoup auparavant », ajoute Karel Och, qui souligne également l’importance du festival pour la cinématographie locale :
« C’est important aussi parce que la compétition officielle est un tremplin pour un film tchèque sur le plan national comme à l’international. On peut le voir avec Raději zešílet v divočině (Better Go Mad in the Wild) de Miro Remo, le film lauréat de l’an dernier, qui a déjà été sélectionné dans une soixantaine de festivals après sa présentation à Karlovy Vary. »
Paris Paris
Plusieurs coproductions tchéco-slovaques au menu également, dont Pramen (Only Beautiful Things to Look At), réalisé par le Slovaque Ivan Ostrochovský, qui aborde le sujet des stérilisations forcées de femmes roms. Aňa Geislerová y incarne une médecin ambitieuse dont la vision du monde est bouleversée par son amitié avec une aide-soignante rom charismatique incarnée par Simona Boledovičová.
La coproduction tchèque est également présente dans Padlé ovoce (Fruit Gathering), écrit et réalisé par Aung Phyoe, qui suit le destin de deux jeunes femmes dans le Myanmar contemporain.
Du côté de la cinématographie francophone, le film Paris Paris de la réalisatrice belge Isabelle Tollenaere figure dans la principale compétition officielle.
« C’est un film qui nous a marqués, qui nous a fait beaucoup de bien, qui nous a réchauffé le cœur - un film qui travaille avec une poétique que l’on connaît des films d’Aki Kaurismäki : un humour très sec, très laconique. L’histoire se déroule au sein d’une communauté parisienne d’immigrés », précise Karel Och en français.
Pour le programme complet du festival : www.kviff.com
Le jury de la compétition officielle réunira :
- le critique de cinéma américain et lauréat du prix Pulitzer Justin Chang
- la réalisatrice malaisienne Amanda Nell Eu
- le sound designer, producteur et compositeur tchèque Pavel Rejholec
- la productrice basée à Paris Nadia Turincev
- le réalisateur norvégien Eskil Vogt, nommé à deux reprises aux Oscars




