La police tchèque sur la piste de trois anciens criminels nazis

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La police tchèque a recueilli suffisamment de documents d'archives et preuves pour pouvoir faire passer en justice trois anciens criminels nazis vivant en Allemagne et ayant jusqu'à présent échappé à la justice.

Le point de départ pour lancer cette opération, 60 ans après la fin de la guerre où ce chapitre de l'histoire semblait clos, a été représenté par les investigations du journaliste Stanislav Motl, le chasseur tchèque de nazis le plus connu, qui a contribué à la condamnation de l'ancien gardien du camp de Terezin, le SS Anton Malloth, et qui a oeuvré en vue de condamner Ladislav Niznansky, criminel de guerre slovaque, libéré faute de témoins.

En ce moment, la police tchèque a réuni les documents prouvant la culpabilité de trois anciens criminels nazis : Rudolf Malik qui, en tant que membre des Jeunesses hitlériennes, a participé au massacre des civils à Valaske Mezirici, en mai 1945. Une autre personne soupçonnée d'être impliquée dans les actes barbares - Hildegarde Mende, ancienne gardienne de Terezin : son comportement cruel à l'égard de certains prisonniers avait eu pour conséquence la mort de ces derniers. Le troisième cas le plus odieux est celui de Walter Hauck, ancien Hauptsturmführer SS, responsable du massacre du village de Leskovice, sur le Plateau tchéco-morave: 26 habitants de ce village ont été tués et 31 maisons incendiées. Le plus jeune, parmi les victimes, était un garçon de 13 ans. Le dossier de Hauck a été retrouvé dans les archives de Prague, et la police a recueilli aussi le témoignage d'une femme qui avait été présente au rapport d'un sous-officier SS notifiant à Hauck l'accomplissement de l'ordre.

Le massacre de Leskovice n'est pas l'unique crime de Walter Hauck. En avril 1944, en France, Hauck a donné l'ordre de fusiller 86 cheminots à Villeneuve d'Ascq, près de Lille, pour se venger de leur tentative d'interrompre le trafic sur la voie ferrée, au moment où y passait un train transportant les membres d'une division blindée qu'il commandait. Après la guerre, Hauck a été retrouvé et condamné à mort, mais le verdict a été modifié, et il a été relâché, déjà en 1956. En 1969, la Tchécoslovaquie a adressé à l'Allemagne une demande de punition, mais le parquet de Stuttgart l'a rejeté, de même que la demande réitérée de 1977.

L'action ouverte par la police tchèque est la dernière chance de juger et condamner les criminels nazis pour leurs actes, car ils ont dépassé l'âge de 80 ans. Comme le dit Stanislav Motl, ce serait, surtout, une satisfaction pour ceux qui ont survécu à la guerre, bien qu'un peu tardive...