La Tchéquie aura un premier centre de détention pour délinquants sexuels et psychiques

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Le premier centre de détention accueillant les délinquants souffrant de troubles psychiques et sexuels - une institution qui fait défaut en Tchéquie - devrait être ouvert l'année prochaine à Vidnava, au nord de la Moravie.

Vidnava, photo: CTK
La création de ces centres est réclamée par des spécialistes depuis près de 40 ans, car c'est le seul moyen pour résoudre la situation des délinquants sexuels et ceux atteints de troubles mentaux graves qui ne peuvent pas purger leur peine en prison et qui sont, à cause de leur maladie, placés dans des hôpitaux psychiatriques d'où il n'est pas difficile de s'évader. Le ministre de la Justice Jiri Pospisil qui a pris la décision, évalue à 400 millions la rénovation de l'ancien couvent de Vidnava en premier centre de détention pour délinquants sexuels et psychiques. Son coût sera toutefois plus élevé que celui d'une prison :

« Si l'on compte 800 couronnes par prisonnier par jour, la somme destinée au fonctionnement des centres de détention peut dépasser le double, car ils combinent le régime pénitentiaire avec les soins médicaux et thérapeutiques. Nous essaierons de faire en sorte que les frais ne soient pas trop élevés, d'autre part, ils ne peuvent pas être aussi bas pour mettre en cause l'efficacité de ces établissements. »

Jiri Pospisil, photo: CTK
Les habitants de Vidnava qui doit accueillir le premier centre de détention ont tout d'abord manifesté des craintes vis-à-vis de la présence de détenus dangereux dans leur commune. Ils ont même organisé un référendum mais l'intérêt pour la création de près de 200 nouveaux emplois dans la région où le taux de chômage dépasse 15%, a fait pencher la balance en faveur du « oui », comme l'expliquent ces habitants :

« Je suis pour, les gens ici n'ont pas de travail et il serait bon s'ils pouvaient trouver un emploi. Vidnava est une région oubliée, après la fermeture des usines de briques et d'autres, pas d'espoir que de nouvelles entreprises s'y implantent... »

La création du premier centre de détention à Vidnava, à laquelle le gouvernement a donné son feu vert, doit encore être approuvée par le parlement. L'opposition y est favorable et la date de son ouverture, en 2008, s'avère donc tout à fait réaliste.