L'alcool tue à l'hôpital

Après l'accident (Photo : CTK)

Le médecin-chef du pavillon des nouveaux-nés de l'hôpital de Vinohrady, deuxième arrondissement de Prague, a gravement blessé dans un accident de voiture, une petite fille de deux ans. Accident banal ? Non, car le médecin était ivre-mort !

Après l'accident  (Photo : CTK)
Que s'est-il donc passé, dans la matinée de lundi à l'hôpital de Vinohrady ? Une matinée comme les autres, au début d'un mois de juin ensoleillé, dans un grand hôpital pragois, avec les urgences, les médecins qui s'affairent, les infirmières au chevet des malades, les patients qui arrivent ou quittent l'aire de l'établissement... Une matinée comme les autres pour le médecin-chef du pavillon des nouveaux-nés. A sept heures, réunion quotidienne en présence du directeur de la clinique gynécologique et des accouchements, Bohuslav Svoboda. Selon lui, rien d'anormal dans la conduite de son subordonné.

Après dix heures, pourtant, c'est la tragédie : le médecin-chef, au volant de sa voiture roulant à 80 km/heure, dans l'aire de l'hôpital où la vitesse est limitée à 20 km/heure, percute une petite fille dans les bras de sa maman. Le drame... La petite est prise entre le capot de la voiture et la roue d'un camion en stationnement. Le chauffard fait marche arrière, tamponne une autre voiture en tentant de prendre la fuite ! La raison de cette conduite ? Le médecin-chef a 3,28 grammes d'alcool dans le sang ! Résultat ? La petite fille est victime de graves blessures des organes internes, à la tête et aux jambes. Elle est transportée d'urgence au pavillon de la traumatologie enfantine de l'hôpital Thomayer pour y être opérée. Ce mardi, son état reste très grave. Comment le chauffard pouvait-il être ivre-mort, trois heures seulement après le début de son service ? Il a quitté, en douce, l'hôpital, à bord de son véhicule. Il a consommé, selon les experts, une bouteille, dans les 75 cl de vodka ou autre alcool et, dans un état qui frise l'inconscience, il a roulé dans Prague mettant en danger les usagers de la route. Un alcoolique ? Peut-être, selon ces collègues, car le médecin-chef avait dû se soumettre à un entretien avec ses supérieurs pour sa facheuse tendance à boire.

Après l'accident  (Photo : CTK)
Les réactions à cette tragédie ? A l'hôpital, il semble que tout soit clair : le médecin vient d'être licencié pour faute grave. Il tombe sous l'inculpation de la police pour conduite en état d'ivresse ayant entraîné un grave accident avec blessé. Du côté de l'Ordre des médecins tchèques, son porte-parole, Pavel Kubicek, est navré que cela fasse ombre sur l'état des médecins en général. Dans le cas présent, le médecin-chauffard sera poursuivi par la police. Si le médecin avait attenté à la santé ou même la vie d'un patient, dans l'exercice de sa profession, il serait radié de l'Ordre des médecins. A l'hôpital de Vinohrady, le theâtre du drame, on assure que des mesures rigoureuses seront prises pour empêcher que pareille tragédie ne se repête. Premier pas : alcootests pour les employés. Mesures peut-être nécessaires dans un milieu où, selon les psychiatres, le stress conduit souvent à la consommation de l'alcool ou d'autres drogues.