L’assassinat de Benazir Bhutto : l’émotion est forte, aussi, en République tchèque

Photo: CTK

L’attentat qui a coûté la vie à Mme Benazir Bhutto, ancien Premier ministre pakistanais, a provoqué des émotions et une vague d’indignation et de craintes, aussi, en République thèque.

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« C’est l’une des pires nouvelles que le monde ait pu recevoir », peut-on lire dans les pages du quotidien Hospodarske noviny, dans l’un des nombreux commentaires qui sont apparus dans la presse de ce vendredi. Dans leur ensemble, ils expriment les craintes devant une éventuelle flambée de violence, l’éclatement d’émeutes, d’affrontements et l’instabilité dans un pays en pleine crise politique. Milan Slezak s’est interrogé, à la télévision, sur les auteurs possibles de l’attentat contre Mme Bhutto.

« Je pense qu’en tout état de cause, ce sont les islamistes radicaux qui sont à l’origine de l’attentat. Ce que je trouve moins probable, c’est l’hypothèse qu’avait insinuée Mme Bhutto elle-même, et qui veut qu’à l’arrière-plan figurent les services secrets pakistanais. Elle avait tout pour déplaire aux radicaux pakistanais: elle était femme et pro-occidentale en plus. Elle a également admis la possibilité d’inviter les Américains au cas où l’armée pakistanaise ne réglerait pas ses comptes avec Al-Qaïda et le Taliban à la frontière avec l’Afghanistan. Une chose inadmissible pour les islamistes radicaux ».

Benazir Bhutto, photo: CTK
En vacances et souvent en dehors de Prague, les politiciens tchèques ont pourtant promptement réagi à l’événement tragique, le plus souvent par l’intermédiaire de leurs porte-paroles. Selon le président Vaclav Klaus, qui se souvient avoir rencontré l’ancien Premier ministre pakistanais, lors d’un dîner à Davos, la haine qui a provoqué l’assassinat représente une menace pour la civilisation. L’ancien président Vaclav Havel se déclare profondément bouleversé, Benazir Bhutto étant pour lui une « femme courageuse ayant consacrée sa vie à la démocratie dans son pays ». Par ailleurs, de concert avec des dizaines d’autres personnalités, ils avaient apposé tous les deux leurs signatures sous une lettre demandant la libération de la dissidente birmane, Do Aun Schan Su Tij, Prix Nobel de la paix. Le Premier ministre, Mirek Topolanek, émet pour sa part la crainte que la mort de Benazir Bhutto ne mette en péril le processus de réconciliation et rappelle que le Pakistan est un important allié des pays luttant contre le terrorisme. C’est dans le même esprit qu’a réagi également le ministère des Affaires étrangères.