Le cabinet s'attaque à un magazine politique

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Le cabinet tchèque envisage de porter plainte contre le magazine politique Respekt. C'est pour la première fois que le gouvernement tchèque dans son ensemble décide de frapper un périodique qui a osé critiquer le travail des ministres. Vaclav Richter.

Le Premier ministre, Milos Zeman, ne cache pas l'intention du cabinet de parvenir à la liquidation du magazine. Chaque ministre demandera un dédommagement de 10 millions de couronnes, ce qui fera au total 170 millions de couronnes, près de 34 millions de FF. Cela pourrait détruire complètement cet hebdomadaire dont les lecteurs se recrutent surtout parmi les intellectuels et dont les bases économiques ne sont pas suffisantes pour faire face à une telle attaque. Il reste cependant à prouver que le magazine a menti lorsqu'il a écrit que le comportement des ministres favorisait la corruption. L'auteur de l'article en question, Petr Holub, rédacteur en chef du magazine, précise qu'il n'a pas accusé le cabinet de corruption mais que son article démontrait seulement que le comportement des ministres permettait l'existence d'un climat favorable à la corruption. "Les réactions du cabinet démontrent que j'ai touché le point sensible," affirme Petr Holub. Mais le Premier ministre est catégorique. A son avis, le cabinet en tant qu'organe collectif a été accusé de corruption et il se défendra. A noter que l'hebdomadaire Respekt, qui se veut libéral, publie souvent des articles critiques qui provoquent des réactions coléreuses. Déjà en 1998 Milos Zeman a déclaré que Respekt était un cloaque journalistique. L'année suivante, l'hebdomadaire a été attaqué en justice par le conseiller du Premier ministre, Miroslav Slouf. Le journal Lidove noviny constate dans ce contexte que le Premier ministre, Milos Zeman, se montre souvent très critique vis-à-vis des journalistes et n'hésite pas à les offenser ou à douter publiquement de leur intelligence. Cette fois-ci, cependant, c'est pour la première fois qu'il parle ouvertement de l'intention de liquider un périodique. Si les ministres gagnent le procès, ils promettent d'accorder la somme obtenue à des fins caritatives.