« Le château de Prague dans la philatélie »

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Une exposition inaugurée ce 12 mai dans l’aile thérésienne du Vieux palais royal présente une centaine de timbres-poste historiques ayant tous pour thème le château de Prague. L’antique siège des rois, puis des présidents tchécoslovaques et tchèques, et ses symboles, étaient un sujet de prédilection pour de nombreux artistes parmi lesquels on peut citer Alfons Mucha, auteur du tout premier timbre-poste de la République tchécoslovaque. Alena Reichlová du Musée des Postes, et co-auteur de l’exposition :

« Le plus ancien timbre postal tchécoslovaque, avec le panorama du château de Hradčany, est signé du fameux peintre Alfons Mucha. Ce dernier l’a créé sur commande du ministère des postes et des télégraphes. Le timbre a été émis deux mois après la création de la Tchécoslovaquie, le 18 décembre 1918. »

Les timbres postes soufflent cette année leurs 170 bougies. Sir Rowland Hill est considéré comme une personnalité importante de l’histoire postale pour avoir émis, le 6 mai 1840, le premier timbre-poste, le célèbre Penny Black avec l’effigie de la reine Victoria. Sur le territoire tchèque, les timbres postaux sont utilisés depuis le 1er juin 1850. La poste autrichienne a émis cinq séries de timbres de valeur différente. Les frais de port dépendaient de la distance entre l’expéditeur et le destinataire.

Les premiers timbres postaux de la République tchécoslovaque indépendante, avec le panorama du château de Prague signé d’Alfons Mucha, étaient d’une valeur nominale de 5 et de 10 hallers. La validité des timbres postaux d’Autriche-Hongrie est arrivée à terme en février 1919, mais avec une oblitération « Poste tchécoslovaque 1919 » ils sont restés en usage encore quelques années. Un des timbres de cette série, de couleur verte et de valeur nominale de 4 couronnes, fait aujourd’hui partie des timbres les plus chers et les plus recherchés.

Jaroslav Sojka
Le panorama du château de Prague, les silhouettes de ses tours, les détails architecturaux, les jardins, les sculptures, les tableaux, tous cela étaient les sujets préférés de graveurs tchèques. En quoi leur regard diffère-t-il ? On écoute Jaroslav Sojka, du département des collections d’art du château et co-auteur de l’exposition :

« La façon dont les différents auteurs ont abordé ces sujets diffère par la stylisation. Pour certains, elle est hautement symbolique, c’est le cas aussi d’Alfons Mucha, avec sa levée du soleil derrière le château de Hradčany, pour d’autres, la conception est plutôt descriptive et narrative. »

Dans l’histoire des timbres postaux tchèques et leurs motifs, quel est le motif qui est le plus fréquemment représenté, ou le plus demandé ?

« Le sujet de saint Georges serait sans aucun doute un tel sujet, avec la statue gothique de Saint-Georges qui se trouve dans la 3e cour du château et qui est un chef d’œuvre de fondeurs tchèques. Un autre sujet de prédilection est celui de saint Venceslas, que ce soit sa statue créée par Pierre Parler pour la cathédrale Saint-Guy ou la stylisation plus générale de l’image de Venceslas en tant que prince et patron. »

La technologie utilisée pour la fabrication et la production des timbres il y a 150 ans et aujourd’hui, est également représentée dans l’exposition. Alena Reichlová explique dans quelle mesure les procédés d’impression ont changé :

« Ce qui est très intéressant, c’est que le premier timbre postal dans le monde, Penny Black, était gravé en taille-douce, à l’aide de gravure sur acier. Cette technologie a survécu aux siècles. Le dessin est d’une grande finesse et au toucher il offre une sensation de relief. La plupart de timbres postaux tchèques sont toujours gravés en taille-douce, rotative ou en couleurs, ce qui est tout à fait unique. »

A l’ère de la poste électronique, il semble que le timbre poste perd son rôle d’autrefois et la variété des sujets est en baisse. Pour Alena Reichlová, il n’en est pas ainsi, puisque la République tchèque renoue avec les meilleures traditions de la création postale, avec tous ses célèbres artistes comme Alfons Mucha, Karel Svolinský, Max Švabinský, Josef Liesler, Jiří Švengsbír, Josef Herčík, Cyril Bouda, Ladislav Kulhánek :

« Leur manuscrit caractéristique est irremplaçable. L’artiste anime le timbre par sa vision du monde, le graveur transmet cette vision en la creusant sur acier, ce qui est une technique par excellence. Le graveur se sert d’un instrument d’acier très fin, les lignes creusées sur la plaque sont fines comme un cheveu, il ne doit pas se tromper. »

De nombreux auteurs de timbres postaux tchèques sont en même temps des auteurs d’éminentes réalisations au château de Prague, que ce soit des vitraux de Mucha pour la cathédrale Saint-Guy, des mosaïques et des sculptures. Les copies de ses objets font également partie de l’exposition qui est proposée par le Musée des postes et l’administration du Château de Prague jusqu’au 1er août prochain. Les visiteurs peuvent acheter la dernière émission du timbre ayant pour sujet la vue panoramique du château de Prague. Les jours prochains, la Poste tchèque sortira une nouvelle série de belles affiches fin de siècle d’Alfons Mucha. Ce seront des timbres nouvelle génération qui ne sont plus collés sur un pli par de la gomme mais par un adhésif.