Le château Hrubá Skála

Château Hrubá Skála, photo: CzechTourism

Perché sur un rocher, le château Hruba Skala s'élève à l'emplacement d'un château fort construit au 14ème siècle, en Bohême du nord.

Château Hrubá Skála, photo: CzechTourism
Perché sur un rocher, le château Hruba Skala s'élève à l'emplacement d'un château fort construit au 14ème siècle, en Bohême du nord.

La douce Ludmila, demeurant jadis en ces charmants lieux, était très amoureuse de Vojmil, fils du chevalier voisin. Malheureusement, les deux familles nobles étaient en querelle depuis des siècles. Le seigneur Benes Hermanov, père de la belle Ludmila, ne cachait guère son mécontentement et s'opposait au mariage des jeunes amants. Cela peinait Ludmila, mais elle espérait qu'avec le temps, son père se résignera à consentir au mariage. Le destin propice fit avancer le cours des événements !

Les troupes saxonnes envahissaient le pays et s'affrontaient de plus en plus souvent avec les Tchèques dans de durs combats. Le château Trosky, situé dans la même région, fut pris d'assaut. L'ennemi marchait sur le château Hruba Skala. Pour faire face aux troupes saxonnes, le seigneur Benes Hermanov rassembla les chevaliers alliés, ainsi que tous ses serfs. Les armées se heurtèrent non loin du château. Une violente bataille se déclencha ! Le seigneur de Hruba Skala et ses hommes se battaient avec courage et enthousiasme, mais les troupes saxonnes étaient supérieures en nombre. Benes Hermanov et ses fidèles chevaliers commençaient à perdre les forces et tout espoir. A l'instant même, une cohorte de chevaliers en armure noire et argent, surgi de la forêt et se jeta contre les hordes saxonnes. Bientôt les rangs ennemis commencèrent à faiblir sous les coups durs des chevaliers mystérieux. En peu de temps, il était évident que les Saxons seraient vaincus. Le tumulte de la bataille cessait et le seigneur Hermanov commençait à se délacer. Soudain, il vit s'approcher au grand galop un cavalier saxon, brandissant l'épée. Le tranchant de l'arme fut retenu au vol par l'épée du chevalier inconnu qui menait la troupe. Il fendit le crâne du saxon en l'envoyant dans un monde sans retour. Lorsque le seigneur Hermanov reprit ses esprits, son sauveur avait disparu.

Le soir même Benes Hermanov organisa une grande fête pour célébrer la victoire sur l'ennemi. En plein festin, entre deux morceaux de musique, il annonça qu'il accordera la main de sa fille au chevalier grâce auquel il avait gagné la bataille, si celui-ci se manifestait. Un jeune hobereau se leva de table et s'inclina devant le seigneur Hermanov, affirmant qu'il était le sauveur. Comme preuve, il montrait son casque fendu. Benes Hermanov ne doutait pas de la véracité des paroles, persuadé que le jeune hobereau avait accompli l'acte héroïque. Se tournant vers sa fille, il lui annonça qu'elle allait épouser le hobereau. Ludmila savait très bien que le sauveur de son père était nul autre que son grand amour Vojmil. Elle refusa donc net la proposition de son père ! Le refus de Ludmila rendit le maître des lieux furieux. Il fit enfermer la pauvre jeune fille dans un cachot humide, grouillant de rats, dans la tour la plus retirée du château. Il pensait que les conditions inhumaines du cachot allaient rendre raison à sa fille…En vain !

Un mois s'écoula et Ludmila refusait toujours d'épouser le héros imposteur. Pour garder la face, Benes Hermanov décida de faire emmurer Ludmila vivante. Résigné à subir son sort, la belle Ludmila attendait patiemment la mort…Elle était de plus en plus faible ! Ses jambes fléchissaient, elle n'arrivait plus à tenir debout…

La lune s'infiltrait dans la cellule, la nuit était calme. Epuisée, Ludmila reposait désespérée sur le sol froid. Soudain, la jeune femme entendit une voix familière. Elle tourna légèrement la tête croyant être victime d'une illusion. Pourtant la voix, était bien réelle ! C'était son Vojmil bien-aimée qui avait réussi à grimper jusqu'à la petite fenêtre pour tenter de libérer la femme de son cœur. Le jeune chevalier défonça les barreaux, enlaça Ludmila de son bras fort et la tira vers l'extérieure. Grâce à une corde, il fit descendre la jeune fille au bas de la tour où attendait un étalon piaffant impatiemment. Le couple se croyait sauvé et était d'autant plus surpris lorsque les gardes de Benes Hermanov surgirent des buissons, suivis par leur maître. Ludmila tremblait de peur, mais son père souriait. Il avait déjà appris son erreur par un de ses fidèles serviteurs ayant aperçu Vojmil ôter son casque pour arrêter l'hémorragie de la plaie sur sa joue. Une balafre encore très visible témoignait de la vérité. Tous retournèrent au château Hruba Skala. L'imposteur s'était enfuit, mais personne ne le chercha vraiment. En quelques jours on célébra le mariage de Ludmila et Vojmil. Cette fois-ci tout le monde se réjouissait et le jeune couple rayonnait de bonheur !