Le gouvernement et la situation des Roms tchèques
Les Roms tchèques sont toujours nombreux dans leurs tentatives d'émigrer à l'étranger. Le gouvernement tchèque a décidé de prendre en main cette situation.
Le gouvernement tchèque vient de réagir à l'augmentation du nombre de citoyens tchèques, d'origine rom, qui demandent l'asile en Grande-Bretagne. D'un côté, le Premier ministre, Vladimir Spidla, a appelé les Roms à ne pas quitter le pays en déclarant : « Je fais appel à nos citoyens qui font partie des communautés rom, je vous en prie, ne partez pas. Je comprends que votre situation ne soit pas simple, mais par votre départ vous ne résoudrez rien ». D'un autre côté, l'Etat ne continuera, probablement plus, à rembourser les allocations sociales aux demandeurs d'asile qui ont été refoulés de Grande-Bretagne ou d'autres pays, à leur retour en Tchéquie. C'est ce que recommande le Conseil pour les affaires de la communauté rom. Certains politiciens, le Premier ministre compris, sont persuadés que, derrière cet exode des Roms, se cache la volonté d'exploiter au maximum les avantages temporaires offerts par la qualité de demandeurs d'asile. En effet, les Roms qui demandent l'asile en Grande-Bretagne, bénéficient d'un soutien social dans ce pays. En cas de refus, ils reviennent en Tchéquie où ils se voient rembourser les allocations sociales qu'ils auraient reçues pendant leur absence. Beaucoup de familles rom considèrent leur voyage à la quête d'un asile comme des congés payés. Quand cela a-t-il commencé ? En 1997. Les Roms partaient sous prétexte de discrimination raciale. Le pays choisi le plus souvent était le Canada. Les activistes et les organisations rom soutenaient cette émigration. En 2002, la situation est différente : les Roms qui partent parlent ouvertement d'intérêts économiques. Le but du voyage, ce sont, le plus souvent, la Grande-Bretagne (en raison de sa politique d'immigration) et la Belgique. Les activistes rom sont plutôt contre cette émigration. Pourquoi ce sont surtout les Roms qui décident de s'exiler, n'étant pas, pourtant, les seuls à être touchés par le chômage, par exemple ? Explication fournie par eux-mêmes : notre mentalité est différente ; ne nous appelle-t-on pas « les gens du voyage » ? Pour Ivan Vesely, président de l'association Rom Djéno, l'émigration des Roms est inutile, car après l'entrée de la République tchèque à l'Union européenne, leur situation sera différente, plutôt meilleure.




