Le grand âge fait souffrir l'horloge de l'Hôtel de ville pragois

L'horloge de l'Hôtel de ville sur la place de la Vieille-Ville, à Prague, mesure inexorablement le temps depuis près de 600 ans. Pas aussi inexorablement que cela, car elle s'arrête de temps en temps. Pour la dernière fois, c'était lors de la visite du président américain, George Bush, à Prague.

Cette panne de l'horloge de l'Hôtel de ville de la Vieille-Ville, l'un des monuments les plus célèbres de Prague, à côté du Château de Prague et du Pont Charles n'aurait peut-être pas tellement attiré l'attention si elle n'avait pas eu lieu au moment de la visite de celui qu'on appelle « l'homme le plus puissant de la planète ». Les spéculations sur ce « mauvais signe » sont allées bon train et le quotidien Lidove noviny, par exemple, y a consacré plusieurs articles dont les titres évoquent un certain mystère qui entoure toujours les célébrités : « La maladie secrète de l'icône de Prague », « Personne ne pourrait jamais reconstruire le Grand-père » et « Les légendes mettent en garde contre les catastrophes ». Selon ces légendes, justement, les pannes répétées de l'horloge de l'Hôtel de ville, ces derniers temps, annonceraient une catastrophe pour la Tchéquie. Un thème largement repris par de nombreux sites et blogs sur internet. Le quotidien de rappeler que l'horloge s'est arrêtée d'elle-même pour la dernière fois le 31 décembre 2001. Dans l'année suivante, la Tchéquie et surtout Prague vivaient les plus catastrophiques inondations des temps modernes ! Bien que l'horloge présente quatre calendriers, quatres heures différentes, le mouvement de la Lune et des étoiles et bien d'autres informations astrologiques, c'est le défilé des apôtres dans deux petites fenêtres, le chant du coq et la clochette de la Mort qui attirent le plus les regards des touristes rassemblés toutes les heures devant l'horloge. Et c'est justement ce défilé qui a été interrompu le 2 juin dans la soirée et a arrêté l'horloge. Mauvais signe comme le raconte la légende ? D'après l'horloger Otakar Zamecnick, de la société Hainz qui prend soin du bon fonctionnement de l'horloge depuis 1865, les responsables des pannes de plus en plus fréquentes seraient la poussière, mais aussi et surtout l'humidité. Cette dernière proviendrait de la canalisation qui passe sous l'Hôtel de ville. Ondrej Sefcu, de l'Institut des monuments historiques est tout à fait d'accord : l'horloge est toujours en bon état, mais la salle qui l'abrite, elle, ne l'est pas. En plus de cela, l'horloge est soumise aux caprices du temps, beaucoup plus fréquents ces dernières années. D'après Otakar Zamecnik, pas question de démonter l'horloge, car personne ne serait capable de remonter le mécanisme.

Des projets sont en cours d'élaboration pour une meilleure protection de cette « icône » de Prague contre les intempéries, projets dont la réalisation coûtera certainement cher à la municipalité qui paie dans les 2000 euros pour les frais d'entretien mensuels. Rappelons que l'horloge avait subi une révision et reconstruction générale en 2005. Elle avait été arrêtée pour près de trois mois et l'opération avait coûté dans les 90 000 euros. Les conseillers municipaux, peut-être supersticieux, avaient dû prendre au sérieux la panne de 2001... En sera-t-il de même avec l'arrêt de dix jours du début du mois de juin, afin que les touristes, mais aussi les Pragois, ne soient pas privés d'une des attractions touristiques de la capitale tchèque et que les adeptes des sciences ocultes n'y voient pas de mauvais signe ?