Les éditeurs français à la foire « Le Monde du livre ».

Photo: CTK

Plus de 500 exposants ont participé à la foire « Le Monde du livre » qui s'est tenue du 3 au 6 mai dans le Parc des expositions à Prague. Les exposants français se sont réunis au stand de leur pays présenté par le Bureau international de l'édition française. La responsable du stand, Laurence Risson, a relevé, au micro de Radio Prague, quelques aspects de la participation française à la foire.

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« Nous avons une sélection de six cents livres environ qui viennent d'une vingtaine de maisons d'édition, et cette année il y a eu un gros effort fait sur la littérature jeunesse. Il y a donc beaucoup de livres pour enfants, un peu de tourisme, un peu d'art de vivre, des choses qui sont plutôt visuelles sans oublier les sciences humaines parce que la France reste très effective en matière de sciences humaines. Cela fait plaisir que les idées restent aussi présentes parmi les images. »

Ce choix correspond-il à l'intérêt que le public français manifeste pour les livres?

« Oui, très probablement. Nous avons plusieurs éditeurs qui sont venus avec nous. Et notamment du secteur jeunesse, qui ne connaissent pas l'édition jeunesse ici, en République tchèque, et c'est pour ça qu'ils sont venus. Ils remarquent que l'édition jeunesse tchèque est très différente. Effectivement, chez nous il y a un boum des livres pour jeunesse qui s'exportent très bien aussi. Etant donné qu'on ne connaissait pas ce secteur ici en République tchèque, on voulait venir en force, un peu. »

Comment expliquez-vous ce phénomène puisque, chez nous, on dit que les enfants se désintéressent des livres et passent leur temps devant l'ordinateur ?

« Il ne faut pas oublier que le livre jeunesse s'adresse aussi aux parents, c'est à dire que les gens qui achètent un livre jeunesse (surtout que maintenant on en fait pour les tout petits), les personnes qui s'y intéressent en premier et le choisissent, ce sont les parents avant tout. C'est donc à eux qu'on s'adresse, c'est avec eux qu'on veut dialoguer, ce sont eux qui sont les éducateurs, ce sont eux qui se servent du livre pour éduquer leurs enfants. Donc peut-être il y a une perte de vitesse en terme de lecture, peut-être y a-t-il une perte de vitesse après l'adolescence, et qui est généralisée, mais les enfants, et c'est pour cela que ce secteur est très fort, restent toujours en masse, importants, vectoriels. »

Quel a été l'intérêt du public pour votre stand ?

« Le premier jour de la foire était dédié aux professionnels. Donc le public, en grande partie, c'était des bibliothécaires, des gens francophiles qui viennent tout de suite. J'ai remarqué un intérêt pour les livres d'art aussi. Aujourd'hui (le vendredi 4 mai), il y a eu beaucoup plus de monde, et là on remarque encore que les livres pour jeunesse attirent beaucoup de gens, sans doute parce qu'ils sont très bien représentés. Et on peut dire la même chose des livres de droit, de sciences humaines, parce que la pensée française a gardé un certain rayonnement et une certaine assise. »

Dans le cadre de la foire, de nombreuses rencontres avec des auteurs et des éditeurs ont été organisées. Le public a eu l'occasion de rencontrer, entre autres, le romancier français Antoine Volodine et la Tchèque Lucie Lomova qui a publié en France sa bande dessinée intitulée « Anna en cavale ». Et c'est à la foire également que l'ambassadeur de France à Prague, M. Charles Fries, a remis le prix de la traduction à Jiri Pelan, traducteur tchèque de Baudelaire, de Queneau et de Bonnefoy. Nous en reparlerons dans nos prochaines émissions.