Les musiciens tchèques - des briseurs de grève?

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Un accueil pas très chaud attend 69 musiciens tchèques qui joueront, la prochaine saison, dans l'orchestre du ballet d'Atlanta, aux Etats-Unis. Les musiciens américains, en grève depuis onze mois, voient dans leurs collègues tchèques des briseurs de grève les privant du travail. Une information par Jaroslava Gissubelova.

Les musiciens d'Atlanta sont depuis 11 mois en grève puisqu'ils ne reçoivent pas les contributions au fonds de retraite. Rien d'étonnant que les 69 musiciens tchèques devant les remplacer soient, à leurs yeux, des briseurs de grève. La décision d'engager des musiciens d'Europe centrale a été annoncée vendredi dernier par le management du ballet d'Atlanta. La nouvelle a fait grand bruit et alimenté la chronique des journaux locaux. Julie Buenrostro, qui joue du cor dans l'orchestre du ballet, a dit à Atlanta Journal que rechercher des étrangers à leurs places est comme donner une gifle à l'orchestre. Andrew Cox, de l'union syndicale des musiciens d'Atlanta, est allé plus loin en déclarant que c'est comme si l'on avait embauché des ouvriers étrangers pour travailler dans des plantations de cotonniers.

Josef Pokluda, de l'agence pragoise Poksound, que la partie américaine avait contacté avec la demande d'engager 44 musiciens pour le ballet Roméo et Juliette et 25 pour le ballet Casse-Noisette, a dit au journal Lidove noviny que la liste était complète, en refusant cependant de publier les noms. Les réactions houleuses que l'affaire a provoquées au-delà de l'Atlantique l'ont surpris. Il refuse l'idée que les musiciens tchèques soient des briseurs de grève. Or, il admet que derrière l'intérêt pour les musiciens tchèques, il y a des raisons économiques. Les artistes tchèques, dont les qualités sont très élevées, ne sont pas aussi chers que leurs collègues américains. Par sa décision de les engager, le management du ballet économisera 149 000 dollars.

A la question de savoir si le départ de musiciens tchèques aux Etats-Unis ne menace pas le programme des scènes de ballet tchèque, le chef du ballet du Théâtre national de Brno, Zdenek Prokes, donne une réponse négative: l'agence Poksound choisissait par individus, non pas par troupes tout entières. Pas de départ massif des ensembles tels que la Philharmonie tchèque, souligne-t-il.