Les politiciens tchèques à propos du succès de Le Pen

Jean-Marie Le Pen, photo: CTK

Les politiciens tchèques réagissent au succès de Jean-Marie Le Pen, au premier tour des présidentielles en France. Un bref récapitulatif avec Alena Gebertova.

Jean-Marie Le Pen, photo: CTK
Les résultats du premier tour des présidentielles en France sont accueillis avec joie, sur la scène politique tchèque, uniquement, par les Républicains de Miroslav Sladek, un parti d'extrême droite qui, d'ailleurs, n'est pas représenté au Parlement... Le second tour décidera non seulemnent de l'avenir de la France, mais de toute l'Europe, peut-ont lire dans sa déclaration... Les représentants des autres partis politiques, de gauche et de droite, sont unanimes à manifester leur inquiétude.

« On assiste, en Europe, à la montée de politiciens qui remportent des succès en ranimant les vieux démons nationalistes. C'est un avertissement grave ». C'est ce qu'a déclaré Petr Pithart, chef du Sénat. Selon lui, on ne saurait exclure qu'une chose pareille puisse se produire en Tchéquie, aux présidentielles. Vaclav Klaus, président de la Chambre des députés, ne voit, en revanche, sur la scène politique tchèque, aucun politicien, dont le discours nationaliste, extrêmiste, pourrait séduire les électeurs dans le pays comme l'a fait, en France, Le Pen. L'échec de Sladek, aux dernières législatives, en serait une preuve éloquente. Karel Kühnl, chef de la Coalition, une formation de droite de l'opposition, aperçoit, dans le succès de Le Pen, un avertissement pour la Tchéquie, car il risque d'encourager les nationalistes dans toute l'Europe. Milos Zeman, chef du cabinet tchèque, dénonce une tendance à la « politique d'apaisement » dans certains pays de l'Union européenne, tendance qui est pour lui dangereuse. En ce qui concerne Le Pen, il le situe aux côtés de Jörg Haider.

Point n'est besoin de dramatiser les résultats du premier tour et de succomber à la panique, estiment les observateurs politiques tchèques. Cela dit, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur le danger que la montée des tendances extrêmistes en Europe pourrait représenter pour le processus d'intégration européenne.