Les Tchèques découvrent plus jeunes les plaisirs de la chair

Photo: Commission européenne

Selon une enquête de l’Institut de sexologie, les filles tchèques ont leur première expérience sexuelle en moyenne à l’âge de 16 ans, tandis que les jeunes hommes découvriraient les plaisirs de la chair entre 17 et 18 ans. C’est un peu plus tôt qu’auparavant. Les Tchèques sont par ailleurs de plus en plus nombreux à utiliser le préservatif ou des contraceptifs.

Photo: Commission européenne
Ces études de l’Institut de sexologie sont réalisées régulièrement depuis 1993. Et pour le sexologue Jaroslav Zvěřina, qui est également membre du parti civique-démocrate ODS, les résultats obtenus pour cette édition ne constituent pas vraiment une surprise et s’inscrivent dans la continuité de ceux mis en évidence précédemment :

« Je pense qu’il n’y a pas la moindre surprise. Les gens se comportent généralement de façon responsable vis-à-vis du sexe. Les limites d’âge en baisse restent des moyennes qui sont liées à une certaine inertie des résultats. Nous réalisons cette enquête tous les cinq ans, donc il est compréhensible qu’à mesure qu’apparaissent des générations plus jeunes, elles abaissent sensiblement ces âges moyens. »

Les femmes sont 60% à utiliser des méthodes contraceptives hormonales, ce qui constitue le chiffre le plus important depuis que ces enquêtes sont menées. Par rapport à 1993, les adolescents tchèques sont, eux, 13% plus nombreux à utiliser un préservatif lorsqu’ils s’envoient en l’air pour la première fois. L’étude de l’Institut de sexologie montre également que les Tchèques sont de plus en plus nombreux à considérer l’homosexualité comme quelque chose de normal.

Jaroslav Zvěřina, photo: Zdeněk Vališ
Un comportement sexuellement responsable qui étonne finalement Jaroslav Zvěřina, qui, entre autres facteurs, attribue ces bons chiffres à la qualité de l’information apportée à l’école. Le sexologue développe :

« Personnellement, je remarque que la conscience de la nécessité d’une sexualité sans danger est en général assez forte parmi la population tchèque. Nous avons tout de même été surpris par l’augmentation du nombre de personnes à faire attention à ce sujet et, par exemple, à utiliser un préservatif durant leurs relations sexuelles. L’éducation sexuelle ne constitue pourtant pas un domaine très prisé dans la société et nous nous attendions plutôt à une stagnation, voire à un recul de l’usage de moyens contraceptifs ou hygiéniques. »

Malgré ces affirmations, soixante-quatorze contaminations au virus du sida ont été mises en évidence en République tchèque au premier semestre 2014. Il s'agit du nombre le plus élevé depuis le premier semestre 1985, quand les services de santé tchécoslovaques ont commencé à suivre la maladie. Et selon l’agence de presse ČTK, les spécialistes attribuent le développement de l’épidémie du sida en République tchèque au recul de la peur liée au virus. En conséquence de quoi, les Tchèques seraient d’après eux moins enclins à se protéger.