L'Etat demande à la banque CSOB 27 milliards de couronnes

Le ministère tchèque des Finances a porté plainte auprès du tribunal d'arbitrage de Paris contre la CSOB (Banque de commerce tchécoslovaque). Cette dernière devrait payer à l'Etat, selon le ministère, presque 27 milliards de couronnes, quelque 970 millions d'euros. En même temps le ministère a refusé de payer à la CSOB 1,7 milliards de couronnes pour honorer une des transactions liées avec la prise de contrôle de la IPB (Banque de poste et d'investissement) ayant fait faillite il y a sept ans.

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La IPB a été fondée en 1990 et elle est devenue en quelques années un des établissements financiers les plus importants de République tchèque. Sa prospérité n'a pas été longue et dès l'année 2000 elle a été mise sous séquestre par la Banque nationale et finalement été achetée pour un prix symbolique d'une couronne par la CSOB. Pour assainir les finances de la IPB, l'Etat s'est engagé à la débarrasser des mauvais crédits, opération qui a coûté aux contribuables plus de 150 milliards de couronnes (quelque 5,4 milliards d'euros). Aujourd'hui pourtant la CSOB demande à l'Etat encore 1,7 milliards de couronnes pour le recouvrement d'une vieille créance de la IPB. Le ministre des Finances Miroslav Kalousek estime que l'Etat a déjà assez payé et rend le coup à la CSOB en lui demandant 27 milliards :

Miroslav Kalousek
« Des garanties relativement généreuses ont été accordées à la CSOB par le cabinet Milos Zeman sous condition que la banque payerait tous le déficits de la IPB jusqu'au moment de la prise en charge. Cela voulait dire que la valeur de la banque assainie serait zéro. Jusqu'à présent l'Etat a versé plus de 150 milliards de couronnes à la CSOB pour accomplir les accords sur ces garanties. Nous sommes donc convaincus que ce qui a été payé au-dessus de zéro, devrait être restitué à l'Etat. »

Selon le ministère, la IPB a eu, au moment de la prise en charge, une valeur beaucoup plus élevée qu'on ne pensait et la CSOB doit donc restituer à l'Etat une partie de la somme investie. La direction de la CSOB et le propriétaire belge de la banque, le groupe KBC, soulignent cependant que le soutien financier que la CSOB a obtenu pour sauver l'établissement en faillite était conforme à la loi. Ils protestent aussi contre ceux qui les accusent d'avoir tiré un profit illégitime du rachat de la IPB.

Le ministre Miroslav Kalousek rappelle qu'il a proposé, il y a quelques semaines, à la CSOB la « variante zéro », projet qui engagerait les deux parties à annuler leurs revendications mutuelles. Cette initiative étant restée sans réponse, le ministère est passé à la contre-attaque. Le projet de cet accord à l'amiable est cependant toujours d'actualité. On attend maintenant la réaction des experts de la CSOB.