Magdalena Kožená : «Chansons que m’apprenait ma mère »

Magdalena Kožená, photo: CTK

Ce mardi, le public de la Salle espagnole du Château de Prague a applaudi debout le récital de la mezzo-soprano Magdalena Kožená, aujourd’hui sans doute la cantatrice tchèque la plus prisée dans le monde. Cette célébrité a cependant un désavantage pour le public tchèque car Magdalena ne chante que rarement dans sa patrie.

Magdalena Kožená, photo: CTK
Au programme du récital il y a eu des mélodies qui figurent sur le dernier disque de Magdalena Kožená lancé par le label Deutsche Grammophon. Le disque intitulé « Chansons que m’apprenait ma mère » peut être considéré comme une invitation dans la vie intime de la chanteuse. Elle explique qu’il s’agit des chansons que sa mère lui chantait quand elle était enfant et aussi de celles que la jeune Magdalena entendait lors des fêtes villageoises. « Ma mère n’est pas chanteuse professionnelle, dit elle, mais elle aimait beaucoup chanter et connaissait beaucoup d’airs. La tradition de chanter des chansons aux enfants est à mon avis beaucoup plus forte dans notre pays qu’en Europe de l’ouest. Je me souviens que c’était vraiment important au sein de chaque famille que ces chansons soient transmises et enseignées aux enfants. »

La salle comble du Château de Prague a donc entendu, dans la soirée de ce mercredi, des airs populaires de la région de Těšín ou les airs folkloriques moraves recueillis jadis par Erwín Schulhof et Leoš Janáček mais aussi des recueils de mélodies de Petr Eben et de Vítězslav Novák. Dans la seconde partie de la soirée, le public a applaudi des mélodies de Bohuslav Martinů et la soirée a été couronnée par les mélodies tziganes d’Antonín Dvořák avec l’air célébrissime « Quand ma vieille mère m’apprenait à chanter. » Ceux qui aiment l’art de Magdalena Kožená pourront retrouver une grande partie de ce répertoire sur le disque de la Deutsche Grammophon. Lors d’une petite interview réalisée avant le récital, la chanteuse a cependant confié à la télévision que le disque en général est aujourd’hui un article qui se vend mal. Ecoutons-la :

Magdalena Kožená, photo: CTK
«A l’heure actuelle, il est bien difficile de vendre des disques et surtout les disques avec un répertoire comme celui-ci, c’est-à-dire, des mélodies tchèques qui ne sont pas connues dans le monde. D’autre part, je dois dire que le public étranger attend un peu de moi que je lui propose un tel répertoire.»

Les inconditionnels pragois de Magdalena Kožená auront l’occasion de réentendre sa voix inimitable encore avant la fin de cette année. A la mi-décembre, elle chantera dans la salle du Rudolfinum trois fragments de l’opéra Juliette ou la Clef des songes de Bohuslav Martinů. Ce sera une redécouverte de ces œuvres considérées jusqu’à présent comme perdues et aussi le début d’une série de manifestations intitulé Martinů Revisited. Ce sera aussi la préparation de Magdalena Kožená pour un concert qui aura lieu en mars à Londres et lors duquel elle chantera le rôle titre dans une version concert de l’opéra Juliette de Martinů avec l’Orchestre symphonique de la BBC placé sous la direction de Jiří Bělohlávek.