L'élection présidentielle - pas de candidat
Les Tchèques seront-ils appelés à se rendre aux urnes pour élire leur chef d'Etat ? Après les négociations entre les différentes formations politiques représentées au Parlement, cette éventualité semble de plus en plus probable.
C'est ce que titrent les grands quotidiens tchèques : la Tchéquie se dirige vers une élection présidentielle au suffrage universel direct. Ce serait la première fois pour ce pays situé au centre de l'Europe. Jusqu'à maintenant, que ce soit au temps de l'ancienne Tchécoslovaquie, ou depuis l'avènement de la République tchèque indépendante, le chef de l'Etat a toujours été élu par les deux chambres du Parlement, réunies en session commune. Cette réunion a eu lieu deux fois de suite, les 15 et 24 janvier de cette année, sans faire ressortir de nouveau président de la République. Le mandat de Vaclav Havel, chef d'Etat depuis près de treize années, a expiré le 2 février. Depuis quelques jours, la Tchéquie se retrouve donc sans Président. Les négociations sur les éventuels candidats, entre les partis politiques, représentés à la Chambre des députés et au Sénat, n'ont pas abouti même au début de cette semaine, quand il s'agissait de trouver un candidat commun. Dans la matinée de mardi encore, il semblait possible d'arriver à un consensus sur trois personnalités : le recteur de l'Université Charles, Ivan Wilhelm, la directrice de l'Académie des sciences, Helena Illnerova, et Pavel Klener, un spécialiste des maladies cancéreuses. Dans l'après-midi, tout avait changé, car les deux premiers candidats s'étaient retirés. La social-démocratie tenta, encore, une dernière éventualité : son vice-président, Pavel Rychetsky, juriste de renom, artisan de la réforme législative en Tchéquie et de son harmonisation avec la législation européenne. Refus des autres partis de la coalition gouvernementale, les
chrétiens-démocrates et les unionistes. Pavel Rychetsky représentait, de nouveau, un parti politique, les sociaux-démocrates. Que va-t-il se passer ? Y aura-t-il une troisième élection présidentielle comme le veut la Constitution ? Les députés et les sénateurs se décideront-ils pour un amendement de cette Constitution, afin que la République tchèque adopte le suffrage universel ? Beaucoup de voix se font entendre en faveur de cette éventualité. D'un autre côté, certains la craignent, car qui seraient les candidats ? Le chanteur populaire, Karel Gott, ou d'autres personnalités connues de l'opinion publique, mais n'ayant pas d'expérience en politique ? Rappelons aussi que les récents sondages sur une éventuelle élection présidentielle au suffrage universel donnent comme vainqueur, l'ancien leader du Parti civique démocrate, Vaclav Klaus. Ce qui ne plairait pas du tout à beaucoup de politiciens.




