Mesures plus sévères contre la corruption

Le gouvernement vient de décider d'intensifier la lutte contre la corruption, un phénomène qui continue à ternir, sérieusement, l'image de la République tchèque, à la veille de son entrée à l'Union européenne.

Il semble que l'époque des discussions avec la police de la route soit terminée en République tchèque. Il est encore courant, aujourd'hui, d'entendre, sur les routes de Bohême, Moravie ou Silésie, le dialogue suivant, entre un automobiliste et un policier : « Ce sera moins, mais sans reçu ». Cela veut dire que le contrevenant paiera une plus faible amende pour son infraction, mais qu'elle ira, probablement, dans la poche du fonctionnaire. Si les mesures préconisées par le gouvernement ce week-end, sont appliquées, on ne pourrait plus entendre de telle conversation sur les routes de Tchéquie. En effet, le gouvernement, par l'intermédiaire du ministère de l'Intérieur, qui devient le principal responsable de la lutte contre la corruption, impose le règlement des amendes et contraventions diverses par paiement bancaire. Certains dirons : « On s'attaque, de nouveau, aux petits poissonsau menu fretin ». Pas du tout, car Stanislav Gross, coordinateur principal de la lutte contre la corruption, nouvellement nommé, ne cache pas que la corruption fleurit, également, dans les hautes sphères de la société. Pour cela, il propose un contrôle obligatoire de la déclaration de fortune pour les sénateurs et les députés. En cas de fraude, les parlementaires seraient passibles d'amendes ou de destitution de leur fonction. Dans le cadre des nouvelles mesures contre la corruption, le gouvernement va encore plus loin : l'imunité des sénateurs, députés et autres hauts fonctionnaires pourrait être remise en cause. Cette remise en cause ne concernerait que leur fonction. Par exemple, un député pris en flagrant déli de corruption serait considéré comme un simple citoyen, avec toutes les conséquences qui s'en suivent.

Résumons, un peu, les mesures proposées par le gouvernement, dans la lutte contre la corruption : règlement bancaire des contraventions et amendes ; contrôle des déclarations de fortunes des hauts fonctionnaires ; droit d'information de la police sur le paiement des impôts ; droit de la police à poursuivre les délis de corruption à l'étranger ; ne pas dénoncer un acte de corruption serait un déli ; les appels d'offres publics devraient être plus rigoureusement contrôlés ; les fautes mises à jour par l'Office suprême de contrôle devraient être réglées plus rapidement. Le gouvernement est on ne peut plus clair : en matière de corruption, la République tchèque est critiquée, depuis des années. Il faut mettre fin à ce fléau !