Perception de la corruption : la Tchéquie en dessous de la moyenne des pays de l’UE
La publication, ce mardi 11 février, de l’Indice de perception de la corruption 2024 par Transparency International révèle une dégradation inquiétante de la situation en Tchéquie, marquée par un recul de cinq places.
Certes, on peut se consoler en se disant que c’est toujours mieux qu'en Slovaquie voisine qui, avec le gouvernement dirigé par le populiste Robert Fico à sa tête, a dégringolé de douze places. Dans le contexte de l’Europe centrale, et plus spécialement du groupe de Visegrád, la Tchéquie fait toujours mieux également que la Pologne (53 points) et la Hongrie (41), cette dernière faisant même figure de cancre parmi les Vingt-Sept pays membres de l’Union européenne. Mais un recul de cinq places en l’espace de seulement un an, cela n’en reste pas moins beaucoup.
La publication de l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2024 par Transparency International (TI) révèle une dégradation, certes pas dramatique, mais néanmoins inquiétante de la situation en Tchéquie. Une dégradation que le ministère de la Justice a, lui, préféré qualifier de « légère ».
Avec un score de 56 points (sur un maximum de 100), la Tchéquie figure désormais à la 46e place, soit respectivement trente-et-un et vingt-et-un rangs derrière l’Allemagne et la France, et très loin de pays comme le Danemark, qui est resté le meilleur élève en la matière avec 90 points, la Finlande et le Singapour, qui complètent, eux, le podium.
Les reproches formulés à l’égard de la Tchéquie restent plus ou moins les mêmes, à savoir, globalement, l’absence d’une stratégie à long terme qui permettrait de prévenir efficacement la corruption et de lutter contre ses conséquences. Fin 2023, déjà, année à l’issue de laquelle la Tchéquie avait stagné à la 41e place à l’Indice, l’antenne tchèque de TI avait souligné que la différence entre le « changement » promis par le gouvermement de centre-droit dirigé par le conservateur Petr Fiala et la réalité était « flagrante ». Cette fois, l’organisation pointe du doigt également « la faiblesse des principes moraux des politiques ».
« En Tchéquie, nous sommes régulièrement témoins de situations où le gouvernement de Petr Fiala n’adopte une loi anticorruption que lorsqu’il est menacé de sanctions pour non-respect des obligations internationales découlant de l’adhésion à l'UE ou sous la pression du Groupe d’États contre la corruption (GRECO) », explique ainsi David Kotora, qui est le directeur de l’antenne tchèque de TI.
Selon lui, les subventions provenant du budget européen sont une autre source de motivation pour les dirigeants tchèques. « En l’absence de ces deux éléments, les députés membres des partis du gouvernement font de leur mieux pour désosser la législation et en faire quelque chose de dysfonctionnel ou, pire encore, pour la balayer et la cacher sous le tapis au Parlement », explique-t-il encore.
L’Indice de perception de la corruption est basé sur des enquêtes réalisées dans 180 pays avec des hommes d’affaires, des analystes de risques et des universitaires. Ces derniers évaluent, entre autres, la capacité des institutions gouvernementales à réprimer la corruption, l’efficacité des mesures adoptées ou le taux d’abus de pouvoir, plus généralement les divers comportements corruptibles dans le secteur public.
Une perception d’ensemble, donc, qui, au bout du compte, aboutit au fait que, dans le cadre de l’Union européenne, la Tchèquie n’apparaît qu’en 16e position, avec un indice inférieur de six points à la moyenne des Vingt-Sept.






