Poklicky

Poklicky, foto: Barbora Kmentová
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La région de Kokorinsko, située au nord de Prague vaut vraiment la peine d'être visitée. Les lieux sont renommés surtout à cause de leur magnifiques piliers en grès surmontés de couvercles en conglomérat. Ce sont des formations d'érosion sélective de grès. Des couches dures et ferrugineuses de grès à gros grains forment d'énormes couvercles plats. Pour cette raison on appelle l'endroit Poklicky, ce qui veut d'ailleurs dire - couvercles.

Poklicky,  foto: Barbora Kmentová
Il y a bien longtemps vivait en ces lieux une bande de brigands très sauvages. Les gens les craignaient beaucoup car ils mettaient la région à sac sans merci, tuaient et violaient. Personne n'osait s'opposer à la bande de malandrins car ils étaient bien trop féroces. D'ailleurs on ne savait même pas où se trouvait exactement leur refuge. Certes, on se doutait bien que c'était quelque part dans la forêt profonde de Kokorinsko, mais ils savaient si bien se cacher qu'ils restaient introuvables et insaisissables. De toute façon personne n'aurait oser s'aventurer en des lieux aussi sinistres. Leurs pillages durèrent ainsi une vingtaine d'années sans que l'on puisse y mettre fin. La région vivait dans la peur. Les gens n'osaient plus aller cueillir les champignons et les fruits des bois, même la chasse s'avéra dangereuse.

Un jour, on vit arriver dans un des villages de Kokorinsko un chevalier errant avec son cheval blanc. Les gens le trouvèrent agréable et lui offrirent aimablement un gîte. Le soir après un excellent repas de viande rôtie que les femmes lui confectionnèrent, les gens du village se réunirent et écoutèrent les aventures passionnantes de l'homme. Ensuite, ils lui parlèrent des soucis que leur causait depuis des années la terrible bande de brigands. "C'est une chose on ne peut plus simple. Je vais les trouver et je vous débarrasserai de ses créatures monstrueuses. N'ayez aucune crainte, je puis y aller seul", sourit le chevalier. Le lendemain matin il partit avec son cheval à la recherche des malandrins. Il traversa la forêt de long en large et finit par les trouver au crépuscule. Ils étaient là, assis dans une clairière à l'entrée de la grotte qui leur servait de refuge et de lieu de garde du magot. Les brigands buvaient, mangeaient et riaient d'un gros rire gras, insouciants, se sentant forts comme une meute de loups. A cet instant, ils virent surgirent le chevalier sur son cheval blanc. Il fit tournoyer l'épée au-dessus de sa tête et se lança droit sur eux. Ils n'eurent même pas le temps de vraiment réagir, tellement l'attaque était rapide. Le chevalier donna des coups à droite et à gauche sans merci. Sa force était surnaturelle. En un rien de temps, il ne resta âme qui vive dans la clairière, sauf le chevalier.

Poklicky,  foto: Barbora Kmentová
Après le carnage. Le chevalier retourna tranquillement au village pour annoncer la bonne nouvelle. Pour confirmer ses dires, il emmena les gens étonnés de la région dans la clairière. Les corps étaient bien là. Les gens heureux voulaient remercier le chevalier, mais il avait disparu. Lorsqu'il revinrent le jour suivant pour brûler les corps, ils n'en trouvèrent plus de trace. Au lieu de la bande de brigands, il y avait un peu partout des piliers en grès surmontés de couvercles. Ils comprirent alors que les brigands s'étaient métamorphosés en ces formations. On parla encore bien longtemps du mystérieux chevalier sur un cheval blanc qui les avait débarrassés de la terrible bande de malfaiteurs. Etait-ce un esprit ou un être humain ? Mystère !