IA - Puces : le chef de la diplomatie tchèque en mission dans la « nouvelle » Amérique

Le républicain Brian Mast lors d'une réunion avec Jan Lipavsky

Il s’agit de la première visite aux États-Unis d’un membre du gouvernement tchèque depuis le retour aux affaires de Donald Trump à la Maison-Blanche. Une visite au cours de laquelle le chef de la diplomatie, Jan Lipavský, s’est surtout efforcé de convaincre la nouvelle administration américaine et les entreprises technologiques que la Tchéquie était un véritable allié et qu’elle méritait d’avoir accès aux puces.

F-35 Lightning II | Photo: Petr Bušta,  Český rozhlas

« Je m’attends à ce que ces relations restent positives et continuent à bien se développer comme cela a été le cas ces dernières années. Il ne s’agit pas seulement des grands projets, comme l’achat des avions de combat F-35 ou les investissements réalisés par certaines sociétés privées tchèques aux États-Unis. Je pense que la situation sécuritaire actuelle, très agitée, montre que la Tchéquie est un allié fiable et que les États-Unis sont conscients de nos positions et de nos actes. »

Le 19 janvier, dans un entretien accordé à la Radio tchèque, Jan Lipavský s’était déclaré très confiant quant à la poursuite des très bonnes relations que la Tchéquie entretient sur le long terme avec les États-Unis. Ainsi, c’est aussi pour avoir la confirmation que rien sur ce point n’avait changé, ou ne changerait, avec l’arrivée d’une nouvelle administration dans le sillage du retour aux affaires de Donald Trump, que le chef de la diplomatie s’est donc rendu, en cette fin de semaine, à Washington.

Après avoir été reçu, ce vendredi, par le nouveau président de la puissante commission des affaires étrangères à la Chambre des représentants, un Brian Mast fervent partisan d’Israël et ancien bénévole d’un groupe d’aide à l’armée israélienne, c’est donc aussi sans surprise que Jan Lipavský a déclaré, sur son compte X, que « la Tchéquie et les Etats-Unis [partagaient] des points de vue communs sur le Moyen-Orient, l’agression russe contre l’Ukraine et l’expansion de la Chine ».

Cet entretien a été suivi d’une rencontre avec le sénateur Lindsey Graham, que Jan Lipavský, toujours sur X, a présenté comme « une figure clé du Parti républicain et le chef de file d’une politique étrangère américaine forte », et avec lequel il a discuté de « la nécessité d’arrêter la Russie et d’une position forte de l’Ukraine dans les pourparlers de paix ». Sur ce dernier point, Jan Lipavský, au micro de la Radio tchèque, s’est dit confiant quant à la manière dont Washington envisage une éventuelle issue diplomatique au conflit en Ukraine :

« Les États-Unis n’entretiennent en aucun cas une quelconque sympathie pour la Russie et leur objectif est de mettre fin aux folies de Vladimir Poutine qui bouleversent et désorganisent l’ordre mondial. Parallèlement à cela, des discussions sont en cours pour répondre à la question de savoir de quelle manière il est possible de faire en sorte que ce plan puisse se réaliser. »

Petr Fiala | Photo: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

Au sujet du Moyen-Orient, Jan Lipavský s’est en revanche montré plus discret. Plus généralement, le gouvernement tchèque a d’ailleurs peu réagi aux déclarations fracassantes faites, mardi dernier, par Donald Trump quant à une prise de contrôle de la bande de Gaza par les États-Unis. Seul le Premier ministre, le conservateur Petr Fiala, s’est contenté de déclarer que les desseins du président américain lui semblaient « difficilement réalisables » mais qu’il est néanmoins « clair que les États-Unis doivent jouer un rôle clé dans l’apaisement et la stabilisation à long terme de la situation au Moyen-Orient ».

Mais au-delà encore des grandes affaires du monde, une des principales raisons de ce voyage de Jan Lipavský est la décision prise en janvier par les États-Unis de durcir les conditions d’importation de matériel d’intelligence artificlle pour certains pays de l’Union européenne, parmi lesquels figure notamment la Tchéquie. Une décision mal perçue à Prague, comme le confirment les propos du ministre :

Photo illustrative: Bureau du Gouvernement tchèque

« Nous parlons aussi de choses concrètes dont la Tchéquie a besoin ou, disons plutôt, dont nous souhaitons que les États-Unis soient conscients. Il s’agit notamment de la régulation de l’intelligence artificielle et des puces utilisées pour l’intelligence artifielle. J’ai expliqué à la partie américaine qu’il n’y avait aucune raison que la Tchéquie soit classée dans la deuxième catégorie des pays à risque, alors que nous appartenons à la première catégorie parce que nous possédons de mécanismes de contrôle fiables et parce que c’est important pour le développement de nes relations réciproques. »

Prague entend ainsi faire en sorte que l’administration américaine revoie sa position de manière à ce que la Tchéquie, comme les pays de la partie occidentale de l’UE, fasse partie de ceux pour lesquels il n’existe aucune restriction et bénéficie, donc, de conditions plus souples pour l’achat de ces puces aux États-Unis.