À la veille des élections, Petr Pavel a apaisé les tensions et appelé les Tchèques à aller voter
Un gouvernement garant de sa sécurité et de sa souveraineté au sein de la communauté des pays démocratiques, un gouvernement qui ne la laisse pas non plus à la merci de la Russie. Dans un discours prononcé à la Télévision tchèque, mardi soir, c’est le vœu pour la Tchéquie qu’a formulé Petr Pavel à l’approche des élections législatives. Face au risque d’une faible participation, le chef de l’État a par ailleurs appelé les Tchèques à se rendre aux urnes.
Ce mercredi matin, nombreux sont les commentaires dans la presse tchèque à estimer qu’il s’agissait peut-être bien là du meilleur discours de Petr Pavel depuis qu’il a enfilé le costume de président il y a deux ans et demi. Comme le souligne Lidovky.cz, il est d’ailleurs rare que le chef de l’État, dont le rôle réclame qu’il reste insensible au jeu des différents partis politiques, s’adresse aux Tchèques à la veille d’élections qui, parce qu’elles doivent permettre la formation d’un nouveau gouvernement, constituent le vote le plus important dans le système politique national. Néanmoins, comme s’en félicite aussi Hospodářské noviny, Petr Pavel « a montré qu’être ‘au-dessus des partis’ ne signifie pas être ‘neutre’ ».
Un peu plus de vingt-quatre heures après avoir reçu au Château de Prague Andrej Babiš, grand favori de ces législatives, pour lui demander comment il comptait respecter la loi sur les conflits d’intérêts s’il est amené à le nommer Premier ministre, et trois jours avant l’ouverture des bureaux de vote, Petr Pavel a, donc, tenu à rappeler aux Tchèques, dans une allocution pas plus longue que cinq minutes, ce qui, à ses yeux, constitue les priorités les plus importantes pour le proche avenir du pays. Mais aussi, alors que le taux de participation avait été de 65 % lors des dernières élections il y a quatre ans, que voter, en plus d’être un droit, était aussi un devoir :
« Si vous n’allez pas voter, vous acceptez volontairement que d’autres décident à votre place et pour vous. Est-ce vraiment ce que vous voulez ? Ou bien y a-t-il un parti qui satisfait vos attentes davantage qu’un autre ? Si oui, allez voter. Le but des élections est de confirmer ou de changer la politique du gouvernement dans le cadre d’une compétition politique ouverte et transparente. Je dois donc rejeter catégoriquement les propos de certains politiciens selon lesquels les élections de cette année devraient aboutir à un changement de système. »
Rappelant aussi que « le système démocratique [tchèque] est ancré dans la Constitution », et que par conséquent lui-même respectera « la volonté des électeurs » et les résultats des élections en chargeant son vainqueur, quel qu’il soit, de former un nouveau gouvernement, Petr Pavel - sans les nommer - a rejeté le discours des formations qui, de l’extrême droite à l’extrême gauche, avec le possible retour des communistes au Parlement, voudraient remettre en cause ce principe fondamental.
« Un gouvernement stable et compétent » pour ne pas compromettre la sécurité de la Tchéquie
S’il n’a pas voulu dramatiser la situation et a refusé de qualifier les élections à venir de « plus importantes de l’histoire du pays, comme cela se dit de toutes les élections législatives », le président a néanmoins admis que les enjeux étaient particulièrement élevés cette année, et ce, « avant tout en raison de la détérioration de la situation sécuritaire en Europe et dans le monde, ainsi que de la perte progressive de certitudes qui semblaient encore récemment incontestables ».
« C’est pourquoi nous avons besoin d’un gouvernement qui continue à garantir la sécurité de notre pays. Nous la devons aujourd’hui à notre ancrage solide dans l’Union européenne et surtout dans l’alliance défensive la plus puissante au monde, l’OTAN. Nous avons besoin d’un gouvernement qui protège notre souveraineté au sein de la communauté des pays démocratiques et ne nous laisse pas à la merci de la Russie et de sa volonté de rétablir sa sphère d’influence en Europe centrale et orientale. Cela aurait des conséquences considérables sur notre liberté, notre sécurité et notre prospérité économique. »
Petr Pavel l’a donc promis aux Tchèques : c’est « en faveur de la formation d’un gouvernement stable et compétent » qu’il s’engagera tout en appelant le prochain Premier ministre « à ne pas compromettre la sécurité [du pays] ». Mais il les a aussi prévenus : « Nous vivons dans une démocratie. Et c’est vous, les électeurs, qui avez le dernier mot quant à la composition du futur gouvernement et à l’orientation de notre pays. »