« Radio Prague ? La révolution de velours est arrivée et je me suis mis à écouter plus souvent »
À l’occasion de son 90e anniversaire, Radio Prague International donne la parole à celles et ceux qui, partout dans le monde, écoutent ou lisent régulièrement ses programmes. Et ce, parfois même depuis de nombreuses années, comme dans le cas de Christian Ghibaudo, auditeur de Tende, commune des Alpes-Maritimes où il conserve également une impressionnante collection de cartes QSL.
« Ma première écoute remonte désormais à pratiquement 50 ans. C’était encore la ‘Radio Prague communiste’ et je me souviens que les émissions étaient diffusées en ondes moyennes. Je me souviens aussi avoir été surpris d’entendre un programme en langue française qui venait de Prague. Malgré le fait qu’il s’agissait d’un programme de propagande - et vous savez ce que cela signifiait à l'époque -, le ton, je ne saurais pas très bien vous expliquer pourquoi, m’a intéressé et jai réécouté le lendemain. J’ai écouté pendant quelques jours, puis j’ai écrit et, très rapidement, jai reçu une réponse. Ceci dit, pendant le régime communiste, je n’étais pas un auditeur régulier, j’écoutais une à deux fois par mois. Puis est arrivée la révolution de velours, et là je me suis mis à écouter un peu plus souvent. »
Qu’est-ce qui au début vous a plu ?
« Malgré justement ce programme de propagande, il y avait aussi des émissions qui m’ont permis de découvrir un pays que je ne connaissais absolument pas : la Tchécoslovaquie. Il faut se souvenir que’à cette époque, alors que j’étais adolescent, on ne pouvait pratiquement pas voyager dans les ‘pays de l’Est’. Je ne connaissais pas du tout ce pays, je n’en avais aucune idée. Et Radio Prague à l’époque envoyait beaucoup de documentation, des cartes postales, des dépliants. Je me rappelle même de diapositives... Donc, tout cela m’a permis de découvrir la Tchécoslovaquie. »
Est-ce que le fait d’entendre parler français avec, pour certains des journalistes, un accent tchèque faisait partie du plaisir de l’écoute ?
« Oui, quelles que soient les stationss internationales, que ce soit vos confrères de Bratislava ou même de Bucarest ou de Sofia. Certains, enfin ceux qui ne sont pas d’origine française, ou les ‘locaux’, ont toujours un petit accent et ce n’est pas désagréable à l’écoute, au contraire. »
Quelles sont les émissions qui vous intéressent le plus ?
« Déjà, le bulletin d’informations qui est diffusé tous les jours. Même si on n’écoute que ça, on sait déjà ce qui se passe en Tchéquie. Après, j’aime bien la revue de presse hebdomadaire parce que souvent les éditoriaux de la presse écrite ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux des stations de radio et des chaînes de télévision. Cela permet d’avoir un autre aperçu de la vie en Tchéquie. Et puis toutes les émissions qui sont liées à l’histoire. »
Quelle est la première carte QSL de Radio Prague que vous avez reçue ?
« Je dois encore l’avoir quelque part dans une boîte. Il me semble que c’était une carte en noir et blanc avec la tour de l’Ancien Hôtel de ville et l’horloge astrologique de Prague. »
« Au début, quand vous entendez une station pour la première fois, ces cartes QSL sont une confirmation papier que vous avez vraiment écouté. Aujourd’hui, les cartes envoyées par Radio Prague International sont davantage un souvenir de la station, plus qu’une confirmation d’écoute, puisque grâce à Internet la réception est excellente. Donc, les rapports d’écoute ne servent plus à grand-chose. »
« Si je ressens de la nostalgie ? Disons qu’à l'époque, il y avait beaucoup plus de stations internationales qui émettaient. Mais sinon, non, je ne regrette pas la qualité de réception sur Internet. C’est nettement mieux. On peut vraiment écouter le programme, et surtout, quand on veut. C’est vraiment un plus pour les radios, qu’elles soient internationales ou locales d’ailleurs. C’est vrai que malheureusement, avec l’abandon des ondes courtes, beaucoup de stations ont profité de la ‘désuétude’ des ondes courtes pour abandonner complètement leurs émissions, comme par exemple Radio Autriche Internationale ou Radio Budapest. De nos jours, on n’entend plus du tout parler de ces stations, quelle que soit la langue. »
Avez-vous une idée du nombre de cartes QSL que vous possédez de Radio Prague International ?
« Si j’ai bonne mémoire, j’ai toutes les cartes QSL de ces vingt dernières années à peu près. À l’époque, vous en proposiez une dizaine chaque année, donc je suppose que je dois en avoir dans les 200 ou 300. Elles sont rangées dans une boîte ou dans des albums par année. »
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« Celles que j’apprécie le plus, ce sont les cartes QSL spéciales qui ont été faites pour des anniversaires. Donc là, la série pour les 90 ans m’intéresse particulièrement. Pour le reste, j’ai une préférence pour les cartes QSL dont le motif se rapporte à la radio. Tout ce qui traite de la radio, du studio jusqu’aux antennes et aux autres choses plus techniques. »
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